15 jours après, les enquêteurs s’interrogent sur le mobile et les motivations de Mme Salamatou qui garde toujours le silence.

Mercredi 30 septembre 2020, après plusieurs heures d’audition, dame Salamatou, 24 ans, auteure présumée de l’assassinat de ses deux enfants le 16 septembre dernier est toujours muette. Face au juge dinstruction la mère d’Aicha, 2 ans et du nourrisson est restée silencieuse comme une carpe. Sortie de sa cellule à la compagnie de gendarmerie pour son audition, la jeune dame n’a pas voulu répondre aux questions du juge dinstruction. Comme au premier jour, la jeune Salamatou est restée muette. Selon diverses sources proches de l’enquête, elle ne parle pas et ne réponds pas aux questions. « Elle se tourne les pouces. Elle a un comportement de démence. Après trois heures, le juge a décidé de la renvoyer dans sa cellule. Elle ne veut rien dire. Elle n’a aucun remord », confie sous anonymat un des enquêteurs.

A la question de savoir pourquoi a-t-elle dissimulé la disparition de ses enfants, Salamatou n’a dit mot jusquà ce jour et se frotte les yeux comme si elle voulait pleurer a appris le Jour. La veille de son audition par le juge dinstruction près les tribunaux de grande instance de Garoua, les enquêteurs avait une lueur d’espoir. Celle de découvrir le vrai mobile de l’acte de cette jeune mère de la localité de Badjengo. C’était peine perdue. Salamatou restera campée sur ses positions, celles de garder le silence.

Poissons

Selon les confidences d’un membre de la famille de son époux, qui a requis l’anonymat, lors d’une de ses visites à la compagnie de gendarmerie de Pitoa, l’accusée lui avait confié « qu’elle a préparé du poisson et non des enfants. Qu’un esprit lui disait quil s’agissait de gros poissons. Elle insistait à dire qu’il s’agissait de poissons », a appris le Jour. Version que beaucoup de villageois de la localité de Badjengo racontent. A 40 Km de Garoua, sur le lieu du drame à Badjengo, c’est toute une autre histoire qui se raconte. Entre témoins et membres de la famille, la jeune Salamatou est présentée par beaucoup comme une personne habitée par un esprit démoniaque. « Elle est une possédée par l’esprit de l’eau (Mamie Wata) avant son union avec le marabout Mal H. Il y a trois ans cette fille délirait. Elle se déshabillait en public. Ses parents l’ont emmenée chez le marabout pour un traitement. Cest après avoir été guérie par Mal H quelle est restée chez lui comme troisième épouse. Elle a eu deux enfants avec lui. Toutes des filles », confie Asta, la coépouse de Salamatou.

Et dajouter : « Nous étions au champ et à notre retour vers 17 heures, elle était assise devant sa chambre. Après la prière de 18 heures 30 minutes, j’ai remarqué que les enfants étaient absents. J’ai demandé où se trouvent les enfants, mais elle na pas voulu me répondre. Malgré mon insistance. Dans la soirée nous avons commencé à fouiller la maison, question de savoir s’il y avait un moyen de trouver des indices qui pourraient nous aider à comprendre. Rien. Elle ne parlait pas ». Cest le lendemain aux premières de la journée du 16 septembre 2020 que les épouses de Mal H vont reprendre les recherches. « À la surprise générale nous avons découvert dans la marmite les restes des enfants découpés en morceaux », éclate-t-elle en sanglots

Prison centrale de Garoua

Dans le village, la rumeur se répand. Ses coépouses racontent aussi qu’elle disait préparer du poisson. Mal H, l’époux, le visage crispé ne sait quoi dire. « J’ai été entendu et menacé par les enquêteurs. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Ça peutêtre un lien avec sa maladie. Elle est possédée par le diable », explique- t-il. « J’étais absent quand la découverte a été faite. J’ai trois épouses et je dors chez chacune à tour de rôle. Tôt le matin, je suis parti au champ. Seul Dieu peut nous donner des explications à cette situation. Elle ne parle pas. J’ai essayé de la faire parler plusieurs jours », déclare Mal H. Ce drame d’infanticide a bouleversé la vie des habitants de Badjengo. Dame Salamatou qui avait une réputation de femme gentille est aujourdhui considérée comme une sorcière. « Cétait une dame gentille, mais nous ne comprenons toujours pas comment cela est arrivé. Décapiter ses enfants. Cest horrible et diabolique », confie au Jour Hadja Djouleya, une voisine.

Le cas Salamatou semble être un cas d’école, difficile pour les magistrats et les enquêteurs de faire parler l’accusée qui, malgré les nombreuses visites et consultations, est muette sur ce qui s’est réellement passé et les mobiles de son acte. Face à son silence, Salamatou a été conduite dans la nuit de mercredi à hier jeudi 1er octobre 2020 à la prison centrale de Garoua où elle attendra son jugement.

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