Les tendances et les courants sont inhérents à toute chapelle politique qui se veut démocratique. Un parti politique ne saurait exclure le débat en interne mais tout cela doit conduire à un mouvement dont la finalité est le redressement du pays qui, au Cameroun, passe par le départ du régime criminel de M. Biya du pouvoir. BIYA MUST GO !

Pour ce qui concerne notre famille politique, je veux que les choses soient claires. Compte tenu de la situation dans laquelle se trouve notre parti depuis la dernière élection présidentielle et surtout de la situation actuelle de notre pays après 38 ans de règne désastreux de M. Biya il est normal qu’il y ait aujourd’hui des courants de pensée en interne.

Ce débat est nécessaire. De mon point de vue, il est question de donner tort à ceux qui croient que le SDF a renoncé. De donner tort à ceux qui pensent que le SDF ne peut plus compter. Il est également question de prouver plus que par le passé la force de l’engagement du SDF. Et de façon globale, il est désormais question de donner tort à ceux qui pensent que la politique ne suscite plus ou ne suscitera plus de ferveur, que notre famille politique ne peut plus compter sur l’engagement en masse de ses militants et sympathisants en particulier et du peuple en général. Il est question après ces deux dernières années si difficiles, de susciter en interne une telle envie de débattre, d’échanger et de réfléchir sur le cap à prendre. Il ne s’agit pas simplement de dire qui fait ou fera quoi. Il s’agit de sortir notre famille politique d’une période de torpeur, de laxisme et de division ressentie par ceux qui nous observent de l’extérieur et qui nous a rendus pratiquement inaudibles et nous a un peu humiliés.

Nous n’avons pas le droit d’être divisés aujourd’hui face à la situation que traverse notre pays. La division abîme toute initiative ou formation politique. Il faut mettre fin à des querelles d’égo qui ont donné l’image dévastatrice de notre famille politique auprès de l’opinion. Il s’agit désormais de sortir d’une approche politique dans laquelle les logiques individuelles l’emportent toujours sur les exigences du collectif. Il n’y aura pas et il n’y aura jamais de réussite individuelle sur la défaite du collectif. Face aux défis futurs de notre pays, c’est aujourd’hui le temps du collectif et non des ambitions personnelles qui doivent cesser. Nous devons revenir aux fondamentaux du SDF dès sa création et qui ont toujours été défendus par le Président national à savoir les prises de position fermes sur les grands sujets d’actualité qui jalonnent le quotidien des camerounais. Cette priorité aurait dû l’être depuis la dernière présidentielle à savoir s’opposer fermement d’un côté et proposer de l’autre. La colère et le désarroi des camerounais sont si grands que nous n’avons plus de choix. Si ce n’est pas nous qui portons l’alternative, qui le fera à notre place ? Nous devons porter une alternative à cette image désespérante d’un pouvoir impuissant et surtout autiste et arrogant.

Une alternative à une pratique quotidienne et scandaleuse de mensonges proclamés. Une alternative à la tentation des extrêmes et des extrémismes. Une alternative à la tentation de penser que la politique ne peut plus rien et ne vaut plus rien. Il faut dans l’urgence mettre fin à l’image que les camerounais exècrent à savoir l’opposition de convenance et d’accompagnement qui nous a fait tant de mal en termes d’image.  Nous devons reprendre les manifestations pacifiques de rue pour la revendication et la défense des droits fondamentaux du citoyen ainsi que sur les grands sujets d’actualité.  Fort heureusement la dernière sortie du Chairman NI John FRU NDI qui va dans ce sens est venue remettre du baume au cœur.

LA LUTTE DOIT CONTINUER JUSQU’À LA VICTOIRE FINALE QUI EST CERTAINE.

Dans les années 90 plus précisément depuis le 26 mai 1990, date à laquelle le Chairman et certains vaillants camerounais ont porté sur les fonds baptismaux le SDF, notre parti, avec le slogan “Power to the people and equal opportunity”, le Président national n’a eu de cesse de résister aux appels de pied et sirènes du pouvoir de Yaoundé. Fondant ainsi sa détermination sur l’exigence des principes démocratiques axés sur la liberté d’expression, le pluralisme politique, la transparence électorale qui passe par un système électoral consensuel afin de permettre aux camerounais de choisir librement ceux qui doivent présider à leur destinée. Aussi, pour faciliter le développement du pays, le SDF sous sa houlette n’a eu de cesse de proposer le fédéralisme comme mode incontournable de développement du pays pour adresser les préoccupations de nos sœurs et frères de culture anglo-saxonne.

C’est justement ce refus obstiné d’organiser un débat franc et sincère sur le retour au fédéralisme qui a provoqué l’enlisement de la crise dans les deux régions du nord-ouest et du sud-ouest avec les conséquences humaines dramatiques connues à savoir plus de trois mille morts, des dizaines de milliers de réfugiés et des centaines de milliers de déplacés internes selon le bilan partiel des ONG qui y ont travaillé. Qui ne se souvient pas de la marche du lancement de notre parti le 26 mai 1990 à Bamenda où la soldatesque de M. Biya a abattu six compatriotes par balles ? Qui ne souvient pas de la marche de l’Union pour le changement en octobre 1993 à Yaoundé ponctuée par une tentative d’assassinat sur la personne du Chairman qui était à la tête de cette manifestation ?

Qui ne souvient pas de la marche organisée la même année par le Chairman NI John FRU NDI sur l’itinéraire carrefour Ndokoti – commissariat du 11ème arrondissement pour exiger la libération de l’ensemble de ma famille (femme, enfants, chien) prise en otage pour m’obliger à me rendre ? Qui ne se souvient pas du Chairman brutalisé au rond-point Deido par la soldatesque lors de la marche pour les 9 disparus de bepanda en 2001 ? Qui ne se souvient pas de la marche organisée par nos députés en 2004 pour l’informatisation du fichier électoral et les urnes transparentes où la soldatesque a aspergé d’eau et de gaz lacrymogène nos élus arborant pourtant l’écharpe tricolore vert-rouge-jaune ? Qui ne se souvient pas de l’opération blocus provoquée à l’Assemblée nationale en novembre 2017 par nos élus qui demandaient avec insistance que la question anglophone soit inscrite à l’ordre du jour de la session parlementaire ?  Qui ne se souvient pas des marches de nos parlementaires à Bamenda et Buea toujours pour la résolution de cette crise ?

Qui ne se souvient pas des marches de 2008 organisées à Douala contre la funeste modification de la Constitution ; marches pacifiques qui ont fait plus de 400 morts selon les ONG ? Qui ne se souvient pas des 53 manifestations interdites pour la seule région du Littoral depuis que je suis Président régional du parti ? Nous ne devons par conséquent pas perdre de vue que les revendications populaires à travers les marches pacifiques sont l’ADN du SDF qui ne saurait être modifié surtout en ce moment où les batailles seront de plus en plus rudes.

De ces différents faits d’armes, les camerounais ont retenu jusque-là du Chairman NI John FRU NDI l’image d’un patriote déterminé qui fait en sorte que tout réside dans l’égalité en droits et en devoirs des camerounais, d’où le slogan “Power to the people and equal opportunity” et le symbole de la Balance. Cette détermination et cette fougue lui ont valu des sacrifices énormes au point où il a risqué sa vie à maintes reprises afin que triomphent ces valeurs auxquelles il n’a cessé de croire. Aujourd’hui, au soir de sa vie, certains d’entre nous, par des démarches maladroites, insensées ou complaisantes, ont cru devoir remettre en cause cette image historique. Chacun de nous sur son passage doit pouvoir laisser des traces. Notre Chairman a laissé jusque-là des traces indélébiles dans l’Histoire du Cameroun.

C’est pourquoi les atermoiements et les balbutiements observés chez certains militants m’amènent à dire ici aujourd’hui que je m’élèverai contre tout acte qui tendrait à remettre en cause l’image du Chairman et je suis convaincu que beaucoup d’entre nous mèneront ce combat en interne afin que personne ne galvaude cette image.

Il est temps que nous retrouvions le chemin de la lutte et que nous prenions des initiatives ou nous associons à toutes les initiatives tendant à libérer le peuple camerounais de la dictature de M. Biya et du système Aujoulat. L’heure est venue pour le SDF de mobiliser toutes les forces du changement (partis politiques, associations de la société civile et personnalités indépendantes) afin de constituer un large front de lutte pour la libération de notre peuple.

LE SDF DOIT REPRENDRE LE LEADERSHIP DE LA LUTTE POUR LE CHANGEMENT !

Depuis 1990 nous avons été les pionniers dans cette lutte de libération. Nous devons rester dans l’esprit de notre Chairman, lutter comme il a toujours fait et continuer ce combat jusqu’à la victoire finale.

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !

Hon. Jean Michel

NINTCHEU

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