Dans la journée de samedi, des individus non identifiés sont entrés dans une école primaire et secondaire, puis ont froidement abattu une demi-douzaine d’élèves en blessant grièvement certains de leurs camarades. Il faut immédiatement faire cesser la crise anglophone !

Il faut demander à Paul Biya de réagir

Depuis l’année 2016 que ce conflit funeste a été déclenché, le président Paul Biya n’a jamais posé ses pieds dans cette partie anglophone de notre Cameroun. Au contraire, il multiplie les fumisteries, les mises en scène d’ex-séparatistes présentés comme des démobilisés alors qu’il n’en était rien et au final, la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest ne fait que perdurer et re-perdurer encore…

Paul Biya doit absolument et immédiatement réagir ! Il doit cesser de nous bluffer avec son fameux Grand dialogue d’octobre 2019, qui n’avait produit que des effets d’annonce. Il doit ensuite proposer des solutions concrètes, au lieu de se limiter au « statut spécial » de ces circonscriptions aux élections régionales, au plan d’aide humanitaire d’urgence (PAHU), à la traduction des textes officiels du français vers la langue anglaise et que sais-je encore…

Il doit plutôt adopter une posture de réconciliateur et s’adresser nommément et directement à ses supposés enfants de la partie anglophone de notre pays. Il doit commencer par se comporter comme un père et un chef de famille, et surtout cesser de se faire considérer comme un individu divin. Parce que c’est certainement cette attitude de condescendance et d’arrogance qui a fait exploser la colère des combattants sécessionnistes, et c’est certainement cela aussi qui a exacerbé leur radicalisme.

Il ne faut plus banaliser l’horreur

Il ne faut plus que les Camerounais s’habituent aux tragédies aussi macabres. Parce que je les vois se partager les images des décapitations et des mutilations en souriant, et parfois même en s’alimentant en même temps. Il faut que les Camerounais apprennent à comprendre que la vie d’un individu n’a rien d’un jeu. Que chaque mort est une catastrophe. Que ce n’est pas normal de boire notre bière ici à Douala tranquillement, pendant que des compatriotes sont en train de subir le calvaire et le martyre là-bas, de l’autre côté.

Parce que les barbaries se multiplient déjà assez en zone anglophone depuis bientôt cinq ans, et j’ai bien peur que les francophones de ce pays finissent ont fini par s’y habituer. Les déplacements de populations sont légion et des dizaines de milliers de personnes sont devenues réfugiées dans leur propre territoire. Il faut arrêter de banaliser cette guerre ! Ce n’est pas parce que tous les jours, on rase des villages, on kidnappe et assassine des otages pour de l’argent, on torture et on maltraite des agents de l’Etat pour cause de représailles brutales, que nous allons normaliser l’assassinat de ces enfants innocents qui ne nous avaient pourtant rien demandé.

Il faut se mobiliser pour nos frères

La crise anglophone est déjà une guerre ! Il ne faut pas se le cacher. Il ne faut plus jouer avec les mots. La guerre anglophone est une tragédie qui se vit au quotidien sous nos yeux ébahis, et malheureusement, nous allons bientôt passer du statut de témoins oculaires pour devenir finalement de véritables complices.

Il faut se mobiliser pour nos frères. Il faut réclamer la fin de cette barbarie. Il faut demander à nos dirigeants de cesser avec cette arrogance meurtrière et ce mépris, et puis de trouver immédiatement une solution pour résoudre ce conflit interminable. Il faut montrer à la communauté internationale que nous pleurons toutes ces morts de toutes nos larmes, et que nous ne cautionnons aucunement ce conflit fratricide qui se déroule à quelques kilomètres de nous…

Il faut se mobiliser et il faut marcher. Il faut parler avec nos frères sécessionnistes, et il faut leur demander précisément ce qu’ils réclament exactement. Parce que si nous continuons avec cette attitude morbide et zombiesque, nous allons toujours nous émouvoir sur les réseaux sociaux, mais cela ne modifiera absolument rien dans la réalité du peuple anglophone. Il faut donc que nous nous levions comme un seul homme, dès maintenant, et que nous nous mobilisions solidairement pour assister nos bien-aimés frères du NoSo.

Il faut dialoguer avec les séparatistes

Je l’ai dit, nous devons dialoguer avec les séparatistes pour comprendre précisément ce qu’ils réclament exactement. Mais ce grand dialogue (un vrai, cette fois-ci) devrait venir du plus haut sommet de l’Etat. Car jusqu’à quand allons-nous supporter de visionner toutes ces barbaries sans rien faire ? Hein ? Voulons-nous ouvrir le journal tous les matins et apprendre qu’il y a encore eu un énième massacre et une énième boucherie de masse ?
Je n’en suis pas sûr.

Alors, je demande à notre président de la République, ou plus exactement je l’en supplie, d’ouvrir enfin des négociations sérieuses avec les commanditaires de ces criminels de grands chemins. Je sais, on ne négocie pas avec les terroristes. Mais si c’est pour sauver la vie de notre population et de nos enfants, alors pourquoi pas ? Pourquoi ne pas établir un pont entre les deux parties pour tenter, du moins essayer, d’instaurer un cessez-le-feu qui serait une bonne bouffée d’air pour tous les Camerounais de l’intérieur mais aussi pour tous ceux de la diaspora ? Hein ?

Il faut dialoguer avec le président autoproclamé de l’Ambazonie, même si vous le considérez systématiquement comme un illuminé. Parce que dans toute l’histoire de l’Humanité, un dirigeant, ou bien son armée, n’ont jamais réussi à remporter une guerre contre leur propre peuple ! Il faut donc discuter. Et c’est à la suite de cette rencontre que nous trouverons certainement un terrain d’entente. mais le plus important sera déjà de commencer à s’extirper de cette sale guerre.

Je vous en supplie, il faut faire cesser la crise anglophone !

Donc, dans la journée du samedi 24 octobre 2020, des individus non identifiés – et surtout armés – ont fait irruption dans une école privée de la ville de Kumba, puis ils ont froidement et sauvagement abattu une demi-douzaine d’élèves ; blessant grièvement plusieurs de leurs camarades au passage.
Il faut immédiatement faire arrêter cette sale guerre !

Je vous en prie, il faut faire cesser la barbarie ! Je m’adresse aux meurtriers sécessionnistes qui ne font aucune différence entre les civils, les innocents, les femmes enceintes, les enfants, les handicapés, etc.

Je vous en prie, il faut faire cesser l’indifférence ! Je m’adresse aux compatriotes qui vont multiplier des « #EndAnglophoneCrisis » sur Facebook et sur Twitter, mais qui bientôt vont oublier qu’il y a une tragédie humanitaire qui se vit actuellement dans notre propre pays.
Je vous en supplie, très chers Camerounais, il faut se mobiliser pour que la crise anglophone s’arrête définitivement une bonne fois pour toutes !

Parce que le carnage de Kumba va finir par devenir une tuerie ordinaire, au même titre que la décapitation de le regrettée Florence Ayafor. Et si nous ne nous indignons pas rapidement comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè, nous risquerons de nous retrouver dans un no man’s land où la cruauté et la sauvagerie seront devenues les règles d’or.

Et y compris aussi en territoire francophone…

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