Pendant 48 heures, les Ministres camerounais et équato-guinéen de la Défense vont tabler sur la sécurité des frontières entre les deux pays. Cette concertation initiée par le président Paul Biya et son homologue Théodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO se tient du 29 au 30 juin 2020.

La sécurité des frontières entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale est le nœud de la concertation entre les ministres de la défense des deux pays.  Instruite par les présidents Paul Biya et Théodoro Obiang Nguéma Mbasogo, cette réunion de deux jours se penchera essentiellement sur « les modalités de collaboration mutuelle et les mesures de sécurité le long de la frontière entre les deux pays », a réitéré le ministre camerounais de la défense Joseph BETI ASSOMO. A cet effet, le ministre de la défense nationale de la guinée-Equatoriale, Leandro Kekale Nkogo et sa suite ont été accueillis à l’aéroport internationale de Yaoundé Nsimalen. « La délégation de la Guinée équatoriale dirigée par M. Bekale Nkogo leandro, ministre de la Défense nationale est arrivée à Yaoundé dimanche après-midi 28 juin 2020 », a déclaré le MINDEF dans un communiqué.

Aucun programme n’a au préalable été donné. Toutefois, il est probable que cette collaboration fasse table rase du passé un peu obscur entre les deux pays. En effet, la frontière Cameroun-Guinée équatoriale a longtemps été source de polémique. En 2018, alors que les soldats guinéens se battaient contre des assaillants non-identifiés à Ebibeyin (la principale ville de la province du Nkié-Ntem dans le Nord-Est de la Guinée équatoriale) des voix se sont levées dans l’administration guinéenne pour accuser les pays voisins de « tentative de déstabilisation ». A côté de cela, les rumeurs au sujet de l’annexion du Cameroun par la guinée équatoriale et la prétendue construction d’un mur entre les deux pays, ont en 2019 fragilisé les relations.

Pour éclairer les zones d’ombre à ce sujet, le représentant diplomatique du Cameroun a été reçu en audience le 8 août 2019 par Félix Mbayu, le Ministre délégué auprès du Ministre des Relations extérieures, chargé de la Coopération avec le Commonwealth. Au cours de cette audience, Anastasio Asuma-Mum Munos avait indiqué que son pays n’a pas annexé le Cameroun au niveau de leur frontière. Il avait ajouté que la guinée ne s’est pas permis d’empiéter le territoire camerounais.

Une autre sombre histoire date de depuis 2009, ou plusieurs camerounais ont été conduits de force à regagner leur pays. Les images de ces personnes brutalisées par l’armée Guinéenne avaient posé polémique. « Le torchon brûle entre le Cameroun et la Guinée équatoriale », est l’un des titres qu’avait publié la presse locale en cette période sombre. En 2007, des Camerounais installés à Malabo et à Bata se plaignaient de faire l’objet d’une véritable « chasse à l’homme ».

En 2004, plus de 250 Camerounais avait déjà été exclus par force de la Guinée. « Les autorités de Malabo ont entrepris une chasse aux étrangers quelques jours après avoir annoncé qu’elles avaient éventé une tentative de déstabilisation du régime du président Obiang Nguéma », pouvait-on lire à l’époque sur le site de Rfi.

La longue frontière de plus de 300 kilomètre que partagent les deux pays, a été un véritable chemin de fer pour plusieurs camerounais. Toutefois, le passé peut déjà s’oublier car le dialogue a pour mission principale de trouver un consensus entre les deux parties prenantes.

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