Je viens de parcourir la lettre du ministre de l’Intérieur de France du 29 septembre, Gerald Darmanin aux préfets de départements de ce pays. Le patron de l’administration territoriale ordonne aux chefs de terre de mettre hors d’état de nuire, tous les étrangers qui représentent une menace pour l’ordre public en France. La correspondance demande clairement d’expulser, de mettre en détention et si possible de retirer la nationalité à tous les étrangers dangereux qui sèment la pagaille.

Le ton utilisé par Darmanin est sévère. Le ministre de l’Intérieur laisse penser que la France veut en finir avec toutes les formes de délinquance orchestrées par les étrangers sur le territoire national. Ceux qui sont dans le viseur sont forcément les ressortissants subsahariens. Leur couleur de peau ne joue pas en leur faveur. Ils sont facilement identifiables à l’œil nu comme n’étant pas d’origine française. C’est une réalité.

La littérature de Gérald Darmanin suscite quelques interrogations en moi. Est-ce pour plaire aux dirigeants des pays d’Afrique où la France a fait une chute libre ? Est-ce une méthode visant à soigner le sentiment anti-français qui règne tant dans l’opinion que dans les Palais présidentiels africains ?

Cette démarche pourrait également s’agir d’une méthode pour balayer le chemin à plusieurs dirigeants politiques qui prendront part à la troisième édition du Forum de Paris sur la paix qui aura lieu du 11 au 13 novembre 2020 en France.

En tout cas, aucune esquisse de réponse ne me vient à l’esprit à l’instant. Au cas où la France serait sincère dans sa démarche, il faudrait qu’elle n’oublie pas qu’elle est un pays des libertés. Libertés perçues par certains africains comme du libertinage.

La société française actuelle et le désordre qu’elle autorise dans les représentations diplomatiques des pays comme le Cameroun n’aide pas beaucoup Gérald Darmanin. Sa correspondance pourrait donc s’apparenter aux bluffs légendaires des autorités françaises.

Comment la France, championne des contre-valeurs dans l’espace francophone, peut-elle se débarrasser aussi facilement de ceux qui représentent une menace à l’ordre public alors que les manifestations publiques et les casses de nos ambassades ne sont pas condamnées avec la dernière énergie ? Cerise sur le gâteau, Emmanuel Macron, le garant de la sécurité nationale, accorde des entretiens aux «activistes» qui représentent une réelle menace pour la paix et la sécurité dans leurs pays d’origine.

L’Elysée sait-elle au moins qu’en acceptant que des citoyens d’un pays ami collectent des fonds sur son territoire pour financer le terrorisme dans leur pays d’origine est criminel ?

Quand on forme des petits monstres, il faut s’attendre à ce qu’ils se retournent contre nous tôt ou tard.

Le flux rss de camer.be

Share:

Avatar