Partisan du panafricanisme et du fédéralisme communautaire, Claude Ondobo, après Dieudonné Essomba  tacle sévèrement Pr Mathias Éric Owona Nguini  sur la diabolisation de leur idéologie. Le débat enflamme la toile depuis quelques temps, ou thèses, arguments s’affrontent.    Intégralité de sa tribune

NON A LA DIABOLISATION FAITE SUR LE FÉDÉRALISME PAR ERIC MATHIAS OWONA NGUINI !

LE FÉDÉRALISME EST UNE FORME DE COMMUNAUTARISME INSCRIT DANS L’ADN DES PEUPLES AFRICAINS.

Il N’EST PAS CET ÉPOUVANTAIL QUI VIENDRAIT FAIRE TOUT ÉCLATER COMME UN SCHISME AU CAMEROUN TEL QU’IL LE PRÉDIT !

Le problème n’est pas sur le niveau intellectuel de MEON. Ni même sur la méthode ou les moyens utilisés par les adeptes de la Fedek. Le problème c’est celui de la diabolisation de l’idée même du fédéralisme par Mathias Eric Owona Nguini qui illustre clairement qu’il est contre le paradigme africain.

Faire miroiter cette structure de l’Etat fédéral comme un épouvantail qui viendrait faire éclater le Cameroun de partout comme il le fait, montre clairement sa mauvaise fois et son mépris vis à vis de la majorité du peuple pris en otage par des réseaux de mafiosi et une élite politique corrompue n’ayant pour devise que la cleptomanie .

Non MEON tu es du mauvais côté de ce combat

Et ta neutralité supposée d’un intellectuel de ton rang nous amène à nous interroger si tu n’es pas simplement défenseur de la classe à la quelle tu appartient. Parce que : que tu le veuilles ou non, la lutte pour l’autonomie locale puisque c’est de cela qu’il s’agit, est d’abord un désaveu de l’élite locale qui n’a fait que “brouter comme des chèvres là où elle était attachée” oubliant au même titre que l’État unitaire centralisé l’arrière pays.

Il faut être “fils de” ou alors corrompre via des réseaux, pour intégrer même la simple armée nationale.

Voilà l’héritage de la structure qu’on rejette tous et dont on ne veut plus entendre parler. L’État jacobin modèle français n’est pas adapté à nos réalités sociologiques et anthropologiques africaines. Ce dernier a remplacé la structure coloniale et tué toute notre culture, notre science, nos langues notre spiritualité, notre solidarité et enfin de compte , nous arrache nos terres pour les livrer sur un plateau d’or à d’autres communautés recolonisant en interne nos régions.

Chacun connaît pourtant les limites de nos villages.

Ceux ci sont semblables aux micros-Etats ayant leurs chefferies traditionnelles , vivant depuis des millénaires en symbiose; en harmonie , au respect de nos différents us et coutumes . Et c’est cette harmonie, ces équilibres que veulent conserver la majorité des Camerounais .

Pire, nos terres sont arrachées et distribuées aux chinois

Nos ressources naturelles idem sans que personne localement ne sache les clauses des dits contrats, abandonnant nos populations dans une misère pire qu’avant les indépendances. Voilà le mal à résoudre que notre organisation ancestrale protégeait. Par ses structures communautaires via lesquelles le mode de vie tournait autour du “tous pour un et un pour tous”: la force du groupe , que l’individualisme et l’égoïsme copiés sur le paradigme occidental ont détruit au nom de la loi du plus fort.

Le communautarisme est l’ADN des sociétés africaines.

Nous avons le devoir de promouvoir une renaissance africaine à tous les niveaux ,afin que nos ressources locales profitent aussi d’abord à nos localités et non à ces expropriations qui ne sont ni plus ni moins que des injustices semblables à celles de l’impérialisme occidental: le pillage.

L’exclusion des “no name”.

Ce que Mbombog Mbog Bassong appelle le désordre du paradigme occidental “du tiers exclu”. Nous le remplacerons par l’ordre prôné par le paradigme africain du “tiers inclus ” tenant compte du système pyramidal proche du fédéralisme au plan politique .

L’harmonie de la Maat.

Voilà ce que Mathias refuse de reconnaître: préférant nous réciter comme une encyclopédie, les grandes théories de la culture occidentale, n’ayant rien de commun à nos réalités. Nous ne sommes pas des occidentaux à la peau noire. Nous sommes africains. Et tout intellectuel africain n’adaptant pas son savoir pour le mettre au service de l’Afrique pour profiter aux africains d’abord en valorisant ce précieux leg d’une culture millénaire, se mets hors jeu.:

La dite culture africaine se trouve dans nos villages et nos communautes.

Ne pas la defendre c’est être inutile et passer à côté du vent de l’histoire sonnant le réveil de notre continent dont l’unique salut ne repose que sur le federalisme au niveau continental afin d’assurer notre survie. Peut on alors prétendre vouloir le dit fédéralisme au niveau continental tout en le combattant comme une peste au niveau local de nos enclos coloniaux?

Le fédéralisme est par essence communautaire par ce qu’il met ensemble des gens ayant un même idéal à défendre. Il peut être ethnique comme en Éthiopie ou sur la base de la citoyenneté par intégration. Comme le font certains pays occidentaux. Et jamais cela n’est dit nulle par qu’il accélérerait des sécessions.

Arrêtez donc de combattre ceux qui posent ce sujet sur la table du débat au Cameroun.

Le seul reproche à leur faire est de mon point de vue leur discours parfois violent. Mais , là aussi, cela peut s’expliquer comme une légitime défense face à ceux qui ont choisi la violence et des invectives en politique au Cameroun comme moyens d’accession au pouvoir.

Blackman Ùndwáb Íswògò

Activiste panafricaniste engagé

Défenseur des traditions ancestrales africaines.

Chargé de mission de la décolonisation mentale des peuples mélanisés.

Publié aussi sur Afrik Info

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