L’insécurité crée le péril jeune dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest depuis 2016. Cette année encore, ils sont nombreux les enfants qui ne sont pas au départ de la rentrée scolaire. Soit du fait de la destruction ou la séquestration de leurs établissements scolaires ou alors par crainte de perdre leur vie dans les affrontements entre l’armée et les groupes séparatistes violents.

La jeunesse scolaire, une des principales victimes du désastre humanitaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En 2019, l’ONU et l’Unicef ont révélé que près de 600 000 enfants y sont privés de scolarité. Et que près de 4 500 écoles ont été fermées du fait des affrontements et de l’instauration régulière des « ghost town » : opération ville fantôme.

Stephen Afuh, President de la PEATTU, Syndicat des enseignants de l’Autorité presbytérienne de l’éducation, s’alarme sur les ondes de Radio France international. Il affirme que  ; « les conséquences de la crise sur l’éducation sont inimaginables. Il y a très peu d’écoles qui fonctionnent et surtout dans les villes. Mais quand vous allez à la périphérie, dans les villages, toutes les écoles sont abandonnées et envahies par la végétation et les serpents. Cela va prendre un temps fou de remettre tout ça en état. »

L’armée a récemment annoncé qu’elle a récupéré 100 écoles des mains des séparatistes. Pour cette rentrée scolaire, quelques branches des mouvements séparatistes se montrent favorables à un retour à l’école dans les milieux où cela est possible. D’autres par exemple continuent de prôner le boycott.

«Il y a surtout un désaccord entre les leaders et différents groupes séparatistes. Certains ont déclaré que la stratégie du boycott ne marche plus, qu’elle n’est plus une arme de combat pour l’indépendance, qu’elle doit être abandonnée et que les combattants sur le terrain devraient permettre l’éducation des enfants. Mais d’autres ont pris des positions plus radicales, en disant par exemple, que les écoles ne devraient reprendre qu’après la conclusion d’un accord de texte et en tout cas pas avant des négociations. Mais il y a aussi d’autres, qui soutiennent plutôt l’interdiction des écoles étatiques, des écoles publiques, et la reprise de celles dites communautaires, où l’étude – par exemple, de la langue française, l’histoire du Cameroun -, serait interdite, ainsi que le chant de l’hymne national du pays», a indiqué Ilaria Allegrozzi, chercheuse pour Human Rights Watch, dans une interview accordée à Radio France Internationale.

Et Stephen Afuh de lancer un double appel au gouvernement et aux séparatistes. Il demande aux pouvoirs publics  d’accélérer la mise en œuvre des réformes promises lors de la concertation de 2016 entre l’Etat et les enseignants. Cela pourrait, selon lui, permettre un retour à la paix.

Et aux séparatistes, le membre de la confédération des enseignants anglophones du Cameroun demande de cesser de prendre l’école en otage. « Qu’ils donnent une chance à la paix et qu’ils n’utilisent pas l’éducation dans leur stratégie pour faire entendre au gouvernement leurs revendications. Il y a d’autres moyens sans paralyser l’école. Ils doivent réaliser que les enfants sont innocents et ont besoin d’éducation pour leur propre développement et pour le développement de leur pays lorsqu’ils seront grands. », souhaite-t-il.

Cet article Cameroun : environ 600 000 enfants privés d’école du fait de la crise anglophone est apparu en premier sur Journal du Cameroun.

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