Depuis la publication des résultats définitifs de la prestigieuse école de formation des cadres administratifs du Cameroun le 04 octobre 2020, son directeur général est devenu la cible du « Mouvement 10 millions de Nordistes » qui crie à la marginalisation. La réaction d’un collaborateur du patron de l’Enam.

L’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) du Cameroun alimente la chronique depuis la publication de ses résultats définitifs le 04 octobre par le ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra). Sur plus de 20 000 postulants, environ 500 candidats ont été retenus. Fruit d’un management rigoureux sous la houlette de son jeune directeur général, Bertrand Pierre Soumbou Angoula.

Le patron des lieux et sa tutelle, Joseph Le, ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, ont travaillé en étroite collaboration pour obtenir une liste définitive sans tâche, dans le strict respect du mérite et de l’équilibre régional instauré par le président de la République, Paul Biya.

« De la préparation des épreuves à la proclamation des résultats, tout s’est passé sans anicroches grâce au sens du devoir et l’esprit d’équipe des organisateurs. Le ministre de la Fonction publique en tant que tutelle, a travaillé en toute collégialité et dans la discrétion la plus absolue avec le Dg de l’Enam», écrit le journal La République Presse dans sa parution de ce jeudi 08 octobre 2020. Le rapprochement entre les deux hommes a permis de lutter contre la fraude pendant le processus de candidature, d’empêcher les doublons et des noms des personnes décédées de glisser dans les listes définitives.

Un pari réussi selon un proche collaborateur du Directeur général contacté par La Plume de l’Aigle. « Le Dg est très méticuleux sur des choses comme ça, pareil pour le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative. Ils ne peuvent pas s’amuser, surtout en cette période de crise dans le Noso », souligne un cadre de l’Enam, sous couvert d’anonymat.

Revendications du « Mouvement 10 millions de Nordistes »

Les résultats de l’Enam ne font pas l’unanimité au sein de l’opinion nationale. Le directeur de publication du journal L’œil du Sahel, Guibaï Gatama, à travers son « Mouvement 10 millions de Nordistes », a fait une sortie dans laquelle il dénonce le « non-respect des quotas des régions septentrionales au concours 2020 de l’Enam ». A en croire le journaliste activiste, 75 candidats seulement originaires des régions de l’Extrême Nord, du Nord et de l’Adamaoua « ont été admis à ce concours sur les 417 nouvelles recrues ; soit un taux de 17, 9%, très loin des 30% de places affectées à cette partie du pays par les textes en vigueur organisant les concours d’entrée à la fonction publique au Cameroun.»

L’alerte de Guibaï Gatama est devenue virale sur les réseaux sociaux depuis deux jours. Elle a permis à chaque communauté de tirer la couverture de son côté. Chacun consulte la liste des nouveaux élèves de l’Enam pour se rassurer qu’elle respecte effectivement l’équilibre régional. « Le gouvernement ne communique pas sur tout. L’école a ses secrets, l’école a toute une tutelle qui est le ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative, et c’est le Ministre qui applique le pourcentage tel que prévu par la réglementation en vigueur. Et ces pourcentages ont été respectés », explique un proche collaborateur du directeur de l’Enam, qui insiste:

« Ce n’est pas parce que vous allez voir sur la liste Amidou qu’il est forcément du Nord. C’est faux. Ou alors Mbarga que vous allez croire qu’il est du Sud, c’est faux. Ce n’est plus le cas, les pourcentages ont clairement été respectés. Tout ce que les gens font là, c’est de la spéculation».

Du dépouillement à la publication des résultats définitifs, les commissions font savoir que le mérite et l’équilibre régional ont été au rendez-vous. Après corrections et délibérations, tous les candidats ayant eu une moyenne supérieure ou égale à 10/20 étaient déclarés admissibles.

« A titre de rappel, pour être définitivement admis il faut avoir obtenu une moyenne supérieure ou égale à 12/20, à l’issue des épreuves écrites et orales. Une fois les candidats remplissant ce critère ayant été identifiés, sont alors mobilisés les exigences de quotas régionaux au gré du nombre de place disponibles », conclut notre confrère La République Presse.

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