Le 9 Février 2020, une poignée de la population camerounaise est allée aux urnes pour voter les conseillers municipaux et les députés. Malgré quelques soubresauts observés dans certaines régions, le gouvernement a affirmé sa satisfaction.

Tout était majoritairement calme durant le déroulement des élections législatives et Municipales du 9 Février 2020. Suite aux évènements qui ont précédé ces échéances, plusieurs camerounais sont restés chez eux. Dans le département de Mberé région de l’Adamaoua, sur 75,149 inscrites sur les listes électorales, 34,489 ont participé. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions troublées où se concentre la minorité anglophone du pays, les bureaux de vote étaient quasiment vides, les rues désertes : la participation semble avoir été particulièrement faible. À Buea, le chef-lieu de la région sud-ouest, policiers et soldats, déployés en nombre en ville, étaient presque les seuls à voter dans certains bureaux, explique un observateur de la société civile.

Plusieurs incidents ont été signalés dans ces zones anglophones. Des tirs à Buea, Kumba, Muyuka, ainsi que dans des quartiers de Bamenda, dans la région nord-ouest. Un bureau de vote a également été incendié à une trentaine de kilomètres de là, dans la localité de Bafut.

Le Ministre de l’Administration Territorial affirme que : « S’agissant des régions du nord-ouest et du sud-ouest, les populations sont sorties massivement pour accomplir leur devoir civique », a déclaré Paul ATANGA NJI au cours d’un point de presse donné le 9 Février 2020. Chose qu’un observateur va contredire « Il y a eu des zones à forte participation, notamment dans les centres urbains, Douala, Yaoundé et quelques autres, Mais dans les zones reculées, l’abstention est beaucoup plus prononcée, notamment dans les zones en crise, de forte insécurité, notamment le nord-ouest et le sud-ouest. Le mot d’ordre d’abstention a été respecté, d’autant que la population a peur pour sa sécurité » admet Gabriel NONETCHOUPO, de la Commission nationale des droits de l’homme.

Le leadeur de l’opposition Maurice KAMTO, en affirmant sa non-participation à ces élections, avait interpellé la population camerounaise à ne pas aller aux urnes, si le problème anglophone n’est pas résolu. « Le mot d’ordre de boycott lancé par certains responsables des partis politiques qui, en réalité, ont eu peur de participer aux élections, a été complément ignoré par l’immense majorité de camerounais. Les élections législatives et municipales ce jour se sont déroulées dans le calme et la transparence dans l’ensemble du pays », a poursuivi le MINAT.

De toute les façons, le président Paul BIYA s’est dit satisfait du déroulement des élections : « J’ai accompli mon devoir de citoyen et j’en suis heureux. Je saisi cette occasion pour demander à tous mes compatriotes de faire leur devoir en allant au vote. Contrairement au appels au boycott de certains petits partis politique ».

Du côté de Douala 3em la brigade antifraude initié par le Social Democratic Front (SDF) a permis de mettre la main sur un ‘’Fraudeur’’. Ce dernier est venu voter à la place d’un autre. Job Théophile KWAPNANG, candidat SDF au municipales de cette arrondissement, dénonce la manipulation des électeurs par le parti au pouvoir. « Le RDPC a posté les gens partout dans les centres de vote en leur promettant de l’argent ?. Ils sont toujours devant les bureaux de vote pour demander aux gens de voter pour eux. Ce qui est strictement interdit par loi. Chacun doit faire son choix et partir ».

De ces élections, l’on enregistre un faible taux de participations. Dans presque toutes les 10 régions du Cameroun, et au terme des opérations de dépouillement, plusieurs observateurs ont relevé qu’à peine plus du tiers des électeurs s’étaient rendus aux urnes. Un citoyen camerounais affirme « depuis 37 ans que je vote il y’a aucun changement. Que l’on vote ou pas, le RDPC a déjà gagné ».

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