Hausse des tarifs du transport suite à la suspension d’Avenir voyages, qui assurait l’essentiel des liaisons interdépartementales dans la région.

A l’agence d’Avenir du Ndé, au lieudit « agences » à Ndiangdam, à la sortie de la ville de Bafoussam, c’est un calme de cimetière qui vous accueille. Ce 31 décembre 2020, le remue-ménage habituel des vendeurs à la sauvette et des marchands de nourriture a cédé place à un silence total, que vient rompre de temps à autre le bruyant ronflement d’une motocyclette. Comme sa consoeur Avenir du Haut Nkam, située sur le même site, plusieurs dizaines de cars de marque Toyota Hiace, 19 places comme on les appelle, sont garées. 

Une petite ficelle manifeste l’interdiction de traverser. Néanmoins, l’on se sent surveillé. Les passagers, toujours nombreux, arrivent ici et sont orientés vers de nouveaux opérateurs, tapis aux alentours. Ayant flairé le filon, des taxis de ville campent et chargent au bord de la route en chantier, à 1000F la place. Des minibus font de même sur cette distance de 40km, dont une bonne partie est actuellement en chantier. Avant la suspension du fonctionnement de l’agence, le tronçon coûtait 800F. 200F de plus donc, avec des enchères à la tombée de la nuit, du fait de l’affluence. Mais « ils nous portent à 6 voire 7 dans le taxi. Or Avenir nous avait habitués au transport sans surcharge depuis plusieurs années, dans des véhicules physiquement acceptables », regrette Paul Gérard Tchakoumi, un usager. 

Situation presqu’identique sur la route de Bafang, malgré sa relative fluidité, liée au « lancement », un phénomène que pratiquent les jeunes transporteurs de Mbouda, connus sur la route sous le nom de « Ayi ». De l’autre côté de la ville, pour aller à Dschang, la fermeture d’Avenir de la Menoua profite à son concurrent Général Express voyages, qui malgré la pratique d’un tarif plus bas, n’avait pas réussi à s’imposer sur cette route, très pratiquée par les étudiants. Depuis quelques jours, c’est le plein d’oeuf alors que leurs minibus pouvaient chômer en même temps que de nombreuses files d’attente étaient observées chez Avenir. Cette dernière était tellement maîtresse de la route qu’elle a récemment porté le tarif de 600 à 700F sur 45km d’une bonne route, comme les petits véhicules Picnic, qui officient à la gare routière et transportent dix personnes. 

« Avant l’arrivée d’Avenir, nous étions obligés de payer 1500F de Dschang à Bafoussam tous les week-ends et jours de pointe. Il a contribué à baisser et stabiliser les tarifs », reconnaît René E. Tsopfack, autre usager. Sur la route Bafoussam – Foumbot – Koutaba – Foumban, la suspension du leader incontesté du tronçon a simplement renforcé le transport clandestin. Au carrefour Total où l’on embarque, le nombre de « voitures personnelles qui attaquent » a explosé. Une augmentation des prix aussi. Aussi bien à Avenir du Ndé, Avenir du Haut Nkam, Avenir du Noun qu’Avenir de la Menoua, les minibus sont garés. Des gardiens distraits y veillent, en attendant l’expiration de la sanction, dans quelques semaines. 

Les  véhicules, qui chargeaient dans l’agence sans être la propriété des promoteurs, ont dès le lendemain de la note de suspension, effacé l’insigne de l’agence sur leurs cars pour les affecter à d’autres lignes. D’autres sont garés aux alentours et racolent les voyageurs, sur les mêmes axes. A Bangangté, la fermeture de l’agence a même donné lieu à la création d’une gare routière spontanée, en face d’elle, au bord de la chaussée. La police municipale a dû intervenir pour les renvoyer à l’intérieur de la gare officielle, là où les mauvaises habitudes des conducteurs avaient chassé les voyageurs. La rentrée scolaire du deuxième trimestre arrive et la demande risque de surprendre les opérateurs actuels.

Le flux rss de camer.be

Share:

Avatar