Le gouvernement Camerounais reste encore silencieux, depuis l’annonce du décès de Samuel WAZIZI, journaliste culturel originaire du Sud-Ouest. Aucun démenti n’a d’ailleurs été fait au sujet des rapports qui incriminent l’armée camerounaise ainsi que le gouvernement.

La mort du journaliste culturel Samuel WAZIZI est à la une de l’actualité camerounaise, depuis le 2 Juin 2020 date de l’annonce de sa disparition. Les hommes de médias et les organisations non gouvernementales, invitent le gouvernement à faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort. Reporter Sans Frontière (RSF) demande « aux autorités de briser le silence intolérable autour de cette affaire (…) et de conduire une enquête sérieuse et indépendante pour établir (…) les circonstances ayant conduit à cet évènement tragique » a déclaré Arnaud FROGER, responsable du bureau Afrique de RSF.

A côté, Maximilienne NGO MBE, la directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique Centrale (REDHAC), estime que Yaoundé, doit organiser dans les jours à venir, une entrevue entre Samuel WAZIZI, les membres de sa famille et ses avocats afin de confirmer ou infirmer sa mort. « Le REDHAC demande au gouvernement du Cameroun de laisser les avocats et la famille du journaliste le rencontrer afin de lever toute suspicion liée à son décès de suites de tortures sinon, il sera tenu pour responsable de sa disparition », a écrit Maximilienne NGO MBE, sur son compte Facebook.

Un appel qui sonne comme un coup d’épée dans l’eau, avec le mutisme du Ministre de la communication qui persiste. Ceci qui donne d’ailleurs de l’espoir que Samuel WAZIZI serait peut-être encore en vie. Toutefois, le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a confirmé le 3 juin que cet homme de média est décédé à l’hôpital militaire de Yaoundé où il a été conduit après des mois de torture. La responsable du REDHAC affirme qu’aucun procès n’avait été organisé pour décider si Samuel WAZIZI est coupable ou non coupable d’avoir comploté avec les ennemies de la nation, mieux, les séparatistes anglophones.

Pour rappel, le présentateur de la chaîne de télévision régionale Chillen Media Télévision, Samuel WAZIZI avait été arrêté en août 2019 à Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest. Il était accusé “d’avoir tenu sur sa chaîne des propos critiques à l’égard des autorités sur leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun”, ajoute RSF dans un communiqué.  La crise anglophone est une guerre qui oppose, l’armée camerounaise aux séparatistes anglophones. Elle perdure depuis plus de 3 ans et 3000 personnes y ont déjà laissé leur vie, à en croire Amnesty International.

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