Football, guerre et patriotisme. En suivant le traditionnel discours du Chef de l’État le 10 février dernier, on retient ce triptyque qui fonde la vision politique de l’homme au Cours de l’an 2021.

 

Dans la vision présidentielle, le sport roi est un instrument politique pour fédérer les masses. Il s’agit en réalité pour la jeunesse de se sentir flattée dans son orgueil, d’être citoyen d’un grand pays de football. La légende se perpétue depuis juin 1990 en Italie, où Paul Biya en « guest star » vivait en direct la participation de son pays à l’ouverture d’une coupe du monde. Ce jour-là, l’Argentine de Diego Maradona était dévorée corps et âme par les Lions indomptables. Plusieurs fois dans sa communication, le chef de l’État camerounais revient sur l’image des prouesses de l’équipe nationale de football pour s’adresser à ses compatriotes. Mais ce sport en lui-même, en dépit des infrastructures nouvellement construites, quel poids a-t-il dans l’édification d’une jeunesse épanouie ? Peut-on fonder la réussite de la jeunesse sur le football qui n’est qu’un jeu, donc assez aléatoire ? Combien de jeunes construisent leur vie à partir du football ? Combien de Samuel Eto’o, de Roger Milla et les autres qui ont connu un succès à travers le football, les nouvelles infrastructures vont-elles révéler leurs talents ?

Le football n’est qu’un jeu et ne peut de ce fait être à la base de l’épanouissement de toute une jeunesse ! Et même si d’aventure tel avait été cas, dans combien de régions les infrastructures sont-elles disponibles ? Pour preuve, même l’Académie de football mise en place tarde encore à se rendre visible. Le football prend la figure de l’opium administré à une jeunesse assoiffée de plaisirs et de grandeur, paresseuse et tenaillée par un désir incorrigible de tricher. Dans le discours présidentiel du 10 février dernier, le football est au cœur du menu servi à la jeunesse. Il en a consacré le tiers de son discours. Le Championnat d’Afrique de football (Chan) Total 2020 qui vient de s’achever et la Coupe d’Afrique des Nations (Can) de l’année prochaine ont occupé le devant de la scène. En plus de cela, le président a rappelé le sacrifice consenti par le pays pour construire des infrastructures sportives. « En dépit d’une conjoncture économique difficile, notre pays s’est bien préparé pour ces deux événements. En effet, nous nous sommes dotés d’infrastructures ultramodernes, dont quelques-unes ont été mises en service pour la première fois à l’occasion du Chan qui vient de s’achever.

Sachons les préserver », a-t-il conseillé aux jeunes. Toujours en matière de football, il a invité les instances faîtières du football camerounais à se ressaisir et à ramener la sérénité dans leur organisation. Ce n’est qu’ainsi, a-t-il indiqué, qu’il nous sera possible de créer les meilleures conditions de l’épanouissement constant de notre football. Comme on peut le constater, il a occulté les résultats de l’équipe nationale au cours de ce tournoi.

Le front de la guerre

« Soyez positifs et persévérants. Ne cédez pas au pessimisme et au découragement. Rejetez les chemins aventureux et ceux de la recherche du gain facile », a conseillé Paul Biya aux jeunes. Bien entendu qu’il s’agit là d’un discours de vérité car à longueur de journée tout indique que cette classe de la population a le moral à rude épreuve. Paul Biya a vu juste quand il leur demande de ne pas céder au découragement. Au dernier recrutement en cours au sein de l’armée, consciente qu’elle va être au front de la guerre pour le sacrifice suprême, une foule importante dans les dix régions du pays, s’est levée pour répondre à l’appel.

C’est dire combien cette jeunesse est prête ou a le moral gonflé à bloc pour s’accomplir même au-devant du crépitement des armes. « La jeunesse camerounaise, vaillante et patriote, assure, heureusement avec efficacité, son rôle de fer de lance dans la défense de la Patrie sur ces différents fronts », a renchéri dans ce sens Paul Biya. La jeunesse camerounaise est de ce fait appelée par son enrôlement à répondre à l’appel de son destin au moment précis où le pays traverse une zone de turbulences sécuritaires.

« Vous devez garder foi en l’avenir d’un Cameroun qui gagne et où chacun se met volontiers au service de l’intérêt de tous. Vous devez demeurer à l’avant-garde pour mener les combats vitaux de votre temps », a prêché Paul Biya. Il est clair, a-t-il poursuivi, que « les combats de la jeunesse d’aujourd’hui sont en rapport avec la préservation de la paix, de l’unité et de la prospérité de notre pays, par-delà les contrariétés inéluctables liées aux mutations du monde ». Il leur a aussi réitéré que la paix est une condition indispensable au progrès. « Et comme vous le savez, celle-ci est, depuis quelques années, menacée dans notre pays par des bandes armées qui sèment la terreur à la frontière-ouest de l’Extrême-Nord, à certains endroits du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Notre frontière-est, est également sujette à des faits d’insécurité », a répertorié Paul Biya pour leur donner une vue un peu plus synoptique des enjeux de la guerre. Comme qui dirait, la jeunesse a soif du sang !

Patriotisme

Paul Biya a lancé un défi aux jeunes pour le test de leur patriotisme sur le concept de l’unité nationale. « S’agissant de l’unité nationale, certains d’entre vous ont fait le choix malheureux de faire alliance avec les démons de la haine et de la division. Mus par un fanatisme barbare, souvent conçu et alimenté depuis des pays étrangers ou par un usage pervers des réseaux sociaux, ils tentent de saborder les bases de la Nation », a dépeint le chef de l’État. Le numéro un camerounais recommande à la jeunesse de s’éloigner de cette catégorie de jeunes. Il les qualifie d’anti-modèles. A ses yeux, ils ne contribuent pas à la construction d’un Cameroun prospère et uni dans sa diversité, « un Cameroun exemplaire que nous souhaitons de tous nos vœux » Bien plus, il exhorte la jeunesse en tant que composante sociologique majoritaire, de se mobiliser pour le devenir du pays. « Un Cameroun stable, uni et prospère. C’est votre précieux héritage », leur a-t-il prescrit. « C’est en agissant ainsi, chers jeunes compatriotes, que vous apporterez efficacement votre contribution à la construction d’un Cameroun fort, uni, démocratique, décentralisé et émergent à l’horizon 2035. Je sais que vous en êtes capables. Et je compte sur vous », a conclu l’homme du 06 novembre 1982.

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