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Ce professeur d’Education Physique et Sportive en service au Lycée de Beka dans la région du Nord est décédé deux semaines après que le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative ait décidé de l’intégrer, lui qui était sans salaire et sans matricule depuis sa sortie du Cenajes en 2012.

« Il est mort sans percevoir le moindre franc de son salaire après 10 ans de sacerdoce. Seule une lettre de félicitations inopportune marquera son engagement à servir son pays durant 10 ans. Un homme est mort, un enseignant est mort, face à l’indifférence des décideurs. Un homme est mort, un enseignant est mort après avoir trop souffert », peut-on lire dans un message Facebook, publié par le collectif des enseignants réunis sous l’égide de OTS (On a trop supporté). En effet, le décès de Hamidou survenu le 8 mars 2022, s’est répandue telle une trainée de poudre, à cause des conditions précaires dans lesquelles il vivait. 

Hamidou diplômé du CENAJES de Garoua avait passé 10 ans sans salaire. Il venait à peine de retrouver le sourire que la mort a frappé. « Depuis 2012 que je suis affecté au lycée de Beka, je n’ai ni salaire ni matricule. Je me bats avec l’agriculture et l’élevage quand je ne suis pas à l’école pour faire vivre ma femme et ma fille qui est à la SIL. Mon dossier est enregistré à la fonction publique depuis le 14 février 2022… », avait-il confié dans une vidéo.

DJAFSIA Tara Mahmoud, un des proches de l’enseignant décédé a publié les dernières conversations qu’ils ont eues avant son décès. « Mr DJIAFSIA je dois te vois avant que ne meure » avait écris Hamidou à son interlocuteur. Ce dernier estime que les réseaux sociaux ont une pare de responsabilité dans le décès de Hamidou : « si tu n’avais pas été exposé tu serais en vie », confie Djiafsia dans son message.

Pour rappel, c’est en mi-février 2022, que le mouvement OTS a entamé une grève dans plusieurs établissements publics du pays, principalement du secondaire. Ces enseignants réclament outre les meilleures conditions de travail, les rappels des salaires ainsi que l’avancement de leur carrière. Hamidou était l’un des piliers dans la région du Nord, lui qui s’en va sans jamais jouir des fruits de son travail. La vie n’a pas de prix, et c’est pourquoi lorsqu’elle s’éteint l’émoi et la désolation s’installent.  C’est encore plus alarmant lorsque l’on sait que les choses auraient pu se passer autrement.

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