Selon le web magazine Actu Cameroun, le prêtre Jésuite a été arrêté par la police camerounaise ce mardi 13 octobre 2020, non loin d’Edéa. L’homme de Dieu est actuellement dans une voiture en direction de Yaoundé la capitale politique du Cameroun.

« Un prêtre aux mains de la police.  Le prêtre Jésuite Ludovic Lado qui a entamé hier un pèlerinage entre Douala et Yaoundé pour le retour de la paix dans les régions anglophones du Cameroun vient d’être arrêté par la police non loin d’Edéa. Son périple n’ira visiblement pas plus loin. Il est en ce moment dans un pick-up de la police en direction de Yaoundé », écrit le journaliste camerounais Jean Bruno Tagne ce mardi 13 octobre 2020 sur son compte Facebook.

En effet, dans une tribune publiée ce lundi 12 octobre 2020, il annonçait aux camerounais qu’il entame un pèlerinage entre Douala et Yaoundé via une marche à pied pour le retour de la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

La dignité

« Quand vous lirez ceci, je serai déjà en chemin, pour faire ma part. Je vous écris fraternellement pour partager avec vous l’esprit du pèlerinage de la fraternité et de la réparation que j’entreprends à pied ce 12 octobre 2020, de Douala à Yaoundé, pour prier, d’une part, pour le dialogue, la justice, la paix et la réconciliation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun et, d’autre part, pour faire pénitence pour la réparation des crimes contre la dignité humaine commis dans ces régions particulièrement. Je puise dans ces valeurs chrétiennes qui sont simplement humaines : fraternité, dialogue, justice, réconciliation, paix », avait-il écrit dans sa lettre ouverte.

Par la suite, il donnait la symbolique de son action. « Je marche pour que le sang humain cesse de couler dans notre pays. Je marche pour que le droit constitutionnel de manifester pacifiquement au Cameroun soit respecté. Je marche en solidarité avec les déplacés internes et les réfugiés de la crise anglophone. Je marche pour exorciser en moi et en nous le démon de l’indifférence. Marcher n’est pas seulement un droit humain mais divin. Je marche pour que ça marche ».

« Je voudrais vous rassurer que même si je suis un ardent défenseur de l’alternance politique comme indicateur de toute saine démocratie, je ne marche pas pour demander le départ de ceux qui sont au pouvoir. Ce n’est pas mon rôle mais celui des politiciens. Mais je n’oublie pas que c’est un politicien qui a fait tuer Jésus Christ pour contenter le clergé de ces temps-là. Le point culminant à mon arrivée à Yaoundé sera la visite que je rendrai à M. Bibou Nissack, détenu au SED, symbole de plus de 600 détenus de la marche du 22 septembre 2020. Je marche aussi pour la libération de tous ces détenus », avait prévenu Ludovic Lado.

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