La vie politique du Cameroun est marquée par l’histoire coloniale et les circonstances de l’indépendance qui ont laissé une tache indélébile, qui aujourd’hui s’agrandit et gagne du terrain.

Depuis 2016, la résurgence des velléités sécessionnistes des deux régions anglophones que sont le Nord-Ouest et le Sud-Ouest donne du fil à retordre.

Une crise qui vient s’ajouter à une autre larvée d’un pouvoir qui se suffit à lui-même, donnant l’impression d’être à la fois à bout de souffle et en même temps, infatigable car encore debout pour le rendez-vous de l’émergence.

Du legs colonial Le conflit anglophone qui alimente depuis quatre ans le débat camerounais, est aussi vieux que le Cameroun lui-même. Son acuité fluctue au fil du temps, au gré des événements avec ses poussées de fièvre récurrentes. Pourtant, il se maintient en toile de fond puis qu’inscrit dans le temps long de l’histoire de ce pays « Berceau de nos ancêtres ».

Ce problème dit « anglophone », trouve ses origines dans la naissance turbulente du Cameroun post-colonial.

On l’aura tous appris et récité par cœur depuis le Cours Moyen Deux (CM2) : cette Afrique en miniature au départ Kamerun, fut jusqu’en 1916, sous la domination allemande avant d’être partagé entre les vainqueurs de la première guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne. Chacun des deux pays impulsa dès lors, ses marques linguistique, culturelle et institutionnelle sur les par- ties du territoire dont il avait la charge.

Une charge à eux donnée, par la SDN l’ancêtre de l’ONU. La partie francophone dite à l’époque « Cameroun méridional » obtient son indépendance en 1960 et constitue la République du Cameroun. Mais le devenir de la partie britannique dite « occidentale », elle- même constituée de deux territoires ; le « Northern Cameroon » et le « Southern Cameroon », fut un parcours de combattant.

Alors que le premier de- mande son rattachement au Nigéria lors du référendum de 1961, le second choisit de rejoindre la République du Cameroun.

Ce territoire correspond aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest actuel. Depuis cette date, ces origines coloniales différentes n’ont cessé de se tra- duire en manifestations et en revendications plus ou moins régulières, mitigées et émergées d’une identité à part. Du début de la guerre en 2016 Au départ apolitiques et me- nées par les avocats anglo- phones, les revendications du NOSO étaient pacifiques. Ceux-ci réclamant à travers des grèves, le non-respect de la Common Law, la tra- duction en anglais du code de l’OHADA et de certains textes de lois.

Le mouvement trouve en un laps de temps un allié qui fait de l’affaire son affaire ; au moment où les enseignants, eux aussi, dénoncent la francophonisation du système éducatif et l’affectation des enseignants d’expression française dans cette zone anglophone. Des revendications qui se sont muées en véritable mouve- ment politique contre les pratiques jugées assimilationnistes du gouvernement central de Yaoundé vers début 2017, quand elles se sont généralisées à l’ensemble de la population. Avec ces nouveaux partenaires qui visiblement s’attendaient le plus à l’occasion, les revendications vont dans tous les sens ; le change- ment du régime en place depuis bientôt quatre décennies est tout de suite pointé du doigt. Cela n’est pas encore digéré par le système, quand surgit la question d’autonomisation dans la gestion de leurs territoires.

Le fédéralisme est proposé par les revendiquants comme meilleure option à l’unitarisme actuel. Une minorité grandissante et qui finalement dicte sa loi aujourd’hui, s’est nourrie d’ambitions sécessionnistes et revendique la souveraineté sur la république dite d’« Ambazonie ».

Cette situation qui s’est transformée en insurrection armée depuis la guerre déclarée par Paul Biya, dégénère peu à peu en guerre civile. Tueries, violences, attaques, enlèvements, incendies, fermeture des écoles, destruction des villages, dé- placements internes et externes, kidnapping, opérations des forces de sécurité etc. se multiplient. Alors que Yaoundé et les séparatistes campent sur des positions à priori irréconciliables, les pauvres citoyens en pâtissent.

Face à cette situation, si ce n’est un silence absolu ou mieux des fustigations vaines, la répression et l’intransigeance constituent le fil directeur de la réponse gouvernementale.

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