C’est ce que révèle Amnesty international dans un rapport publié le 6 Février 2020. L’organisation souligne aussi le fait que les villages anglophones deviennent de plus en plus désertes.

Amnesty International accuse l’armée camerounaise, en la tenant responsable de l’enlisement de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Assurément, dans un rapport rendu public le 6 Février 2020 sur son site internet, l’organisation Non Gouvernementale indique que : « plus de 50 habitations ont été incendiées à Babubock et dans les villages voisins de Bangem, dans la région du Sud-Ouest, autour du 14 janvier. Ces destructions dues à l’armée, ainsi que les homicides de villageois, constituent de graves violations des droits humains ».

Les actions peu satisfaisantes de l’Etat

Jusqu’ici, les démarches du gouvernement allant dans le sens d’éradiquer la crise ne portent pas des fruits satisfaisants, selon l’organisation. Pourtant, dans le souci de mener à bien les élections législatives et municipales du 9 février 2020, un contingent de plus de 300 militaires a été dépêché dans les régions en crise. C’était le 7 Janvier 2020 sur très haute instruction du chef de l’Etat. Dès lors, les opérations des forces de sécurité sur le terrain paraissaient plutôt appréciables, jusqu’à ce que Amnesty publie ce rapport.

Une opération beaucoup plus sinistre

Le 26 Janvier de la même année à Bamenda, une opération de nettoyage conduite par l’armée camerounaise a permis de neutraliser un leader séparatiste, le dénommé général CHACHA. En plus, quelque 24 enfants kidnappés par les séparatistes ont été libérés le 21 janvier 2020 par l’armée à Kumba, dans la région anglophone du Sud-Ouest du Cameroun. Cependant Amnesty International admet que le Président BIYA veut émouvoir la communauté internationale. « Les mesures de sécurité et la présence militaire accrue annoncées par le gouvernement camerounais pour garantir que le vote de ce weekend puisse avoir lieu, semblent avoir été le prétexte d’une opération beaucoup plus sinistre », peut-on lire dans le rapport. 

Faire chuter le régime du président

Avant la sortie du récent rapport, Washington faisait déjà pression sur Amnesty International, lui demandant de traduire le président Paul BIYA devant la Coup pénal internationale (CPI), pour violation des droits de l’homme.  Ce n’est désormais plus un secret. Washington a véritablement la dent très dure contre le régime de Yaoundé. Depuis l’enlisement de la crise anglophone, les Etats Unis ont entrepris de tout faire pour chuter le régime du président Paul Biya, 87ans dont 38 au pouvoir.

Fin à l’AGOA

Le 30 Octobre 2019, le président américain Donald TRUMP a décidé de mettre fin, à compter du 1er Janvier 2020, aux avantages que tire le Cameroun de l’AGOA (African Growth Opportunities Act), à cause de ses atteintes présumées aux droits de l’homme. « Le Cameroun n’a pas répondu à nos préoccupations concernant les violations persistantes des droits de l’homme commises par ses forces de sécurité. Ces violations comprennent les exécutions extrajudiciaires, les détentions arbitraires et illégales et la torture » avait précisé Donal TRUMP.

La communauté internationale ne lâchera pas prise

De toutes les façons, des inquiétudes planent sur plusieurs aspects. D’abord sur l’avenir des camerounais qui, depuis 38 ans, n’ont connu qu’un seul président.  Ensuite, sur celles des déplacés de la crise qui ont des difficultés à se réinsérer. Enfin sur la crédibilité des élections en cours, avec la fraude Electorale dont est accusé le régime en place. En effet, Quels processus utilisera le Président Paul BIYA pour élucider les accusations Internationales qui pèsent sur lui ? Personne n’en sait encore rien de tout cela. Toutefois, il faut préciser que la longévité du président au pouvoir et la situation d’insécurité du pays n’ont pas mis en cause les élections présidentielles d’Octobre 2018.  Il en sera peut-être de même pour les législatives/Municipales du 9 Février 2020. Malgré tout cela, la communauté internationale n’entend pas lâcher prise.   

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