En instaurant les cours à distance pour le compte de cette année 2020-2021, dans certains établissements scolaires qui auront des effectifs pléthoriques, les ministres en charge de l’éducation n’ont pas pris en compte les conditions de vie des élèves de l’arrière-pays.

La rentrée scolaire 2020-2021 a débuté dans un contexte particulier marqué par la pandémie à coronavirus.

Pour éviter que les élèves ne contractent la Covid-19, les ministres en charge de l’éducation ont limité les effectifs à 50 élèves par salle de classe avec option de mi-temps pour permettre aux élèves en surplus de faire également les cours.

Dans la foulée, les élèves qui font la mi-temps, vont faire 50% des cours en présentiel dans les salles de classe et 50% à distance à travers le téléenseignement ou le e-learning.

Concernant l’enseignement à distance, le ministre de la Communication a révélé le 1er septembre dernier, au cours d’une confé- rence de presse conjointe avec les ministres de l’Education de base, des Enseignements secondaires et de l’Enseignement supérieur, que le gouvernement a procédé à la création des centres d’apprentissage à distance déjà prévue dans les chefs-lieux de régions.

Les élèves en zones rurales ne pouvant valablement prendre part à cette méthode d’enseignement compte tenu des difficultés d’accès aux signaux radios dans nombre de ces zones rurales, René Sadi a indiqué que « le gouvernement entend privilégier l’élaboration et la mise à disposition des supports pédagogiques, tels que les « livrets d’activité », au bénéfice des jeunes apprenants ».

A peine annoncée, cette méthode du gouverne- ment a déjà essuyé d’énormes critiques. « Le télé- enseignement est bien, c’est une innovation, mais avant de l’implémenter dans notre pays, il faut d’abord qu’on se rassure des conditions de chaque région de notre pays. Parce qu’imposer le télé-enseignement c’est comme si c’était une volonté manifeste de vouloir léser certaines régions du Cameroun où lorsqu’on entre, c’est à peine qu’on y trouve l’électricité », s’est indignée une enseignante, sous couvert d’anonymat. Câbles-électriques Et de poursuivre « il y a par exemple une zone dans le Nord, Kroutaba, vers le village de Cavaye Yeguié Djibril, les salles de classe bien construites n’existent pas, le télé-enseignement, les élèves qui y sont, n’y ont pas accès, la pratique de l’Apc ils n’en ont pas.
Or ce sont des élèves comme ceux qui sont à Yaoundé, Douala ou Bafoussam. Ils vont aller composer dans quelles conditions alors qu’ils non ni télé, ni radio, ni télépho- ne ? » Pour cette pédagogue avisée, cette initiative ne peut valablement marcher que si les ministres distribuent les Smartphones à tous les élèves des classes d’examen, leurs distribuent les télévisions et installent les câbles-électriques dans tous les villages du Cameroun.

Auquel cas, les taux de réussite aux examens cette année risquent d’être encore plus catastrophiques que l’année dernière. « Je pense que ça c’est une catastrophe assurée ; c’est un échec qui se prépare et cela ne va pas résoudre le problème », averti-t-elle. Toutes choses qui poussent à penser que l’accès à l’école est pour le moment réservé uniquement à une élite d’enfants vivant dans les métropoles du pays.

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