Le mouvement Stand up for Cameroon exige par ailleurs la libération de toutes les personnes arrêtées le 22 septembre et avant, ainsi que de tous les prisonniers politiques détenus dans le cadre de la crise anglophone.

Le mouvement « Stand up for Cameroon » invite les Camerounais à être tout de noir vêtus le vendredi 02 octobre 2020 pour marquer leur mécontentement par rapport à la situation politique qui prévaut au Cameroun depuis quelque temps. Les partis politiques et les Organisations non gouvernementales (ONG) faisant partie de ce mouvement de revendications politiques ont lancé cet appel le mardi 29 septembre 2020, au cours d’une conférence de presse organisée à Douala. Il s’agit du Cameroon People’s Party (CPP) d’Edith Kahbang Walla, de l’Upc Manidem d’Albert Moutoudou, ou encore de l’ONG Un Monde Avenir, dont Philippe Nanga assure la coordination. Toutes ces figures politiques ou de la société civile sont signataires de la déclaration faite lors de la conférence du 29 septembre à Douala. Ces acteurs sociopolitiques exigent la cessation des menaces contre le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto, et des autres dirigeants politiques assignés à résidence ou en détention.

Les Camerounais vêtus de noir pourraient converger vers le siège de l’une des organisations de la société civile énumérées, du Mouvement pour la prospérité du peuple, du West Cameroon Movement for Change, ou encore de Better Breed Cameroon, trois autres entités qui adhèrent au mouvement. Stand Up for Cameroon exige par ailleurs la libération de tous ceux qui ont été arrêtés lors des manifestations pacifiques du 22 septembre, lancées par les Forces pour le changement, la paix et la démocratie au Cameroun (Fcpdc), à l’initiative du Mrc. Stand Up for Cameroon n’a pas participé à ces manifestations « parce que des discussions pour développer des objectifs communs, une stratégie commune et un plan d’action, quoiqu’entamées avant cette date, étaient encore à poursuivre ».

Le plaidoyer de cette plateforme concerne également le sort de quatre jeunes appartenant à ce mouvement, arrêtés le 18 septembre, à quelque mille mètres du siège du CPP à Douala, alors qu’ils venaient de participer à une réunion organisée dans le cadre des traditionnels « vendredis noirs ».

Placés en garde à vue à la légion de gendarmerie à Bonanjo, Moussa Bello, Ntsama Étienne, Mira Angoung et Tehle Membou ont été placés sous mandat de détention de six mois à la prison de New-Bell à Douala. Ils devront comparaître devant le tribunal militaire pour « conspiration, révolution et insurrection », d’après Kah Walla. « Nous espérons qu’ils vont être présentés au juge d’instruction et que leur avocat sera enfin autorisé à présenter les éléments de défense », a indiqué la présidente du mouvement.

Transition

La sortie des acteurs de la société civile intervient alors que la résidence du professeur Maurice Kamto au quartier Santa Barbara, à Yaoundé, est toujours en état de siège par des forces de sécurité, sur les instructions du gouvernement, qui accuse le leader du Mrc d’avoir un projet d’insurrection contre les institutions républicaines. Pis encore, l’environnement sociopolitique de l’heure est marqué par la détention de plus de 600 personnes arrêtées dans le cadre des récentes manifestations, au cours desquelles des dizaines d’autres Camerounais non armés avaient été blessés. Stand Up for Cameroon exige la libération de ces citoyens et de tous les autres compatriotes arrêtés dans le cadre de la guerre dans le Sud-Ouest et le Nord-ouest, ou encore dans le cadre de la guerre contre la secte Boko Haram.

Des zones de conflits dans lesquelles plus d’une douzaine de personnes, civils et militaires confondus, ont péri rien que ces dix derniers jours. Le mouvement salue la bravoure de tous les marcheurs du 22 septembre, et demande aux Camerounais de taire leurs divisions pour engager la lutte en vue d’une transition pacifique au Cameroun. « Chaque fois que les Camerounais se lèvent sans violence pour réclamer leurs droits, le Cameroun gagne », écrivent les signataires de la déclaration.

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