Les enfants massacrés à Kumba, après le spectacle insoutenable du supplice de Patience Ayafor il y a quelques mois, viennent nous rappeler dans quel abîme de déshumanisation ont sombré certains de nos compatriotes au prétexte de mener une lutte politique. Ces actes ne relèvent absolument pas de la politique, tant dans son essence que dans son honneur. Ils sont le fait d’êtres hier considérés comme des personnes humaines, citoyens d’un pays dont nous croyions qu’ils adhéraient au code minimal de civilités, au principe du respect de la vie d’autrui.

Nous les découvrons aujourd’hui devenus des monstres qui croient pouvoir imposer par une terreur abjecte leur volonté, dans un acte visant à empêcher à des enfants saisis par la crainte et la peur d’aller à l’école, des êtres devenus aujourd’hui des monstres qui n’ont plus de place dans une société humaine.

Ce constat commande que soient identifiés les responsables de ces actes, qui ne se limitent pas aux seuls perpétrateurs physiques sur le terrain, mais qui inclus les leaders et les inspirateurs connus de tous, certaines “élites” et franges des populations locales, qui fournissent à ces monstres le voile et le rideau dont ils ont besoin pour se cacher avant et après leurs forfaits criminels. Les responsables sont aussi certains leaders politiques et des voix de la société civile dont le discours lénifiants tend à légitimer leur “combat” et jamais ne les condamne.

En face, nous avons un Etat qui s’illustre par sa faiblesse, champion des mesures en demi-teinte qui semblent beaucoup plus destinées à se satisfaire de geste cosmétique pour se célébrer, alors qu’on cherche en vain le cohérence et la fermeté de sa stratégie de résolution de ce problème, dans ses dimensions judiciaires, militaires et politiques.

L’illustration de la faiblesse de l’Etat s’est vu dans le soitdisant Grand Dialogue où malgré les moyens dont il dispose, le Premier Ministre n’a pas eu suffisamment de crédibilité et d’autorité pour emmener dans la salle des travaux les protagonistes de ce conflit qui sont pourtant en détention à Yaoundé et donc à sa disposition. Le “cirque” organisé en trompe-l’oeil à coup de milliards de francs au Palais des congrès s’est déroulé avec un seul protagoniste, le Gouvernement devant une chaise vide, pour des conversations absolument hors-sujet par rapport à la crise anglophone.

J’avais personnellement marqué ma désapprobation devant une telle simagrée en m’abstenant pendant deux jours de prendre part à ce qui s’est avéré n’être qu’un coup d’épée dans l’eau, puisque cette rencontre n’a produit absolument aucun résultat par rapport à la résolution de la crise dans le NoSo.

J’étais d’autant plus fondé de désapprouver cette démarche que je me referais à la Tripartite où, trente ans plus tôt, nous avons réussi à associer aux travaux les Radicaux et les Modérés. Le résultat avait été au rendez-vous puisque d’un côté nous avons obtenu que le principe d’une révision Constitution soit acquis et que factuellement, dès le lendemain de la signature de la plateforme, les “villes mortes” s’étaient arrêtées.

Voilà donc le tableau qui s’affiche devant nous ces jours: Des “monstres sans coeur” tueurs d’enfants menant une guerre sans sens face à un Etat faible mené par un Chef de gouvernement incompétent, malgré les rotomontades de mon ami Atanga Nji, un Chef de Gouvernement incapable de maîtriser des événements se déroulant dans son fief naturel qui est… le NoSo et voire le Sud-ouest.

Être éplorés n’est pas la solution. C’est une volonté de guerre totale que doit caractériser l’action de la République pour régler, je veux dire, éradiquer ce cancer producteur d’un traumatisme que ne méritent pas le Cameroun et le psyché des Kamers. La guerre totale implique une réplique et un traitement sans merci ni complaisance des inspirateurs de cette sale guerre, qu’ils soient à l’intérieur ou l’extérieur des frontières nationales. On ne peut comprendre qu’alors que des enfants sont massacrés et Patience Ayafor décapitée et dépecée, les inspirateurs du mouvement qui engendrent de tels crimes vivent en villégiature d’État à Kondengui à Yaoundé.

Autrefois, la gravité des crimes allégués exposaient leurs auteurs à une détention dans des lieux où la sévérité des conditions était à la hauteur de la gravité de leurs crimes. On parlait de Mentum, Yoko, Tchollire et j’en passe. Pour les inspirateurs de ces criminels hors de nos frontières, aucun moyen ne doit être négligé pour qu’ils soient neutralisés où qu’ils se trouvent sur la planète.

Les criminels du NOSO bénéficiant de soutien implicite dans la classe politique et la société civile et certaines franges de la population, il est nécessaire que soient activées celles des dispositions de nos lois qui punissent l’apologie de crimes ou le soutien objectif aux agissements de terroristes. De recevoir des échos favorables de leurs actes ou des réactions mitigées constitue en réalité un soutien psychologique qui encourage ces monstres dans leurs aventures macabres.

En même temps que se matérialise cette volonté du Gouvernement de mener une guerre totale contre ces criminels, il doit s’ ouvrir des portes latérales si besoin avec l’intervention d’une tierce partie nationale ou internationale, une véritable négociation portant sur la vraie pomme de discorde qui est une évaluation des “Accords de Foumban” par lesquels les deux parties du Cameroun séparées après la défaite allemande après la Première Guerre Mondiale en 1916 ont décidé de se remettre en ensemble.

Et à ce vrai grand dialogue, on devra réunir autour de la table en face du gouvernement les vrais protagonistes, même s’ils doivent être extraits de la prison de Mentum ou de Yoko pour participer aux travaux. Ainsi doit s’assumer la République, dans sa puissance et ses devoirs.

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