La Compagnie Nationale Aérienne broie du noir. Entre insuffisance de la flotte, manque d’argent et aérés de salaires, sa situation est peu reluisante et ses prochains mois incertains, malgré l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante.

Présentée par tous les officiels de Yaoundé à sa création en 2011 comme la nouvelle étoile florissante du ciel Camerounais, Camair-Co n’a presque jamais réussi à se mettre à la hauteur des attentes formulées à son endroit. A savoir, faire rayonner l’image du Cameroun au Ciel. Au lieu de cela, l’entreprise va plutôt sombrer dans la tourmente. A son actif huit années plus tard, des vols avortés ou tout simplement supprimés, une flotte insuffisante et en très mauvais état, des employés sans salaires, une entreprise sans argent et criblée de dettes, un horizon des plus incertains. Tel est l’héritage de la Camair-Co, donné en legs par Ernest DIKOUM, le 27 Mai dernier, à Louis Georges NJIPENDI, nouveau Directeur Général. « On en a une idée très sobre, parce que anciennement Président du Conseil d’Administration. On va évidemment aller à l’intérieur pour savoir quels sont les véritables problèmes, les étudier pour pouvoir apporter des solutions, mais ça doit se faire très rapidement. Et ces problèmes-là concernent tant la flotte que le personnel, et un certain nombre d’aspects de la gouvernance. » Tels sont les premiers mots du tout nouveau patron des lieux, captés le 27 Mai dernier devant les micros de la CRTV.

Un changement de cap donc aux allures de « Bricole », si l’on s’en tient au Quotidien Mutations, dans sa parution du 28 Mai 2019. Idem pour les observateurs et autres experts du domaine qui ne cessent de prédire une mort certaine de cette entreprise complètement aux abois. C’est le cas de Bernard OUANDJI, Economiste, qui dans les colonnes de Mutations, en sa parution du 05 Juin 2015 affirmait ce qui suit : « La mauvaise performance de Camair-Co reflète la qualité de la gouvernance du Cameroun en général. Faute d’avoir réalisé un calcul économique profond, Camair-Co gaspille ses ressources dans les locations d’avions. Or, depuis 2011 les pays industrialisés sont au bord de la déflation de ce fait les taux d’intérêt sont très bas ; alors c’est le moment pour le Cameroun d’emprunter pour acquérir des avions à réaction neufs. Pour choisir ces futurs avions, il faudra refaire le business plan de notre compagnie nationale. » Un vent de pessimisme qui souffle sur la Camair-Co, au moment même où la nouvelle équipe dirigeante prend fonction, avec un cahier de charges précis, défini en amont par le Président Paul Biya à savoir : « Procéder au décollage urgent du plan de redressement de la Camair-Co »

Dans ce contexte marqué de turpitudes et incertitudes, que peut réellement la nouvelle équipe dirigeante dans ce processus voulu de redressement de la compagnie nationale aérienne Camerounaise ? De quelles marges de manœuvres dispose-t-elle pour mener à bien cette mission ? peut-elle réussir aujourd’hui là où les cinq premières directions ont échoué ? Pas facile de répondre avec précision à ces questions. Mais une chose est certaine, la tâche ne s’annonce pas aisée pour ce nouveau top management. Contre lui, tout ou presque, en commençant par le manque d’argent que connait l’entreprise. Ensuite sa flotte vieillissante et inadaptée, enfin, la question des aérés de salaires des employés. Pourtant, dans l’immédiat, il se doit de procéder à la mise en service des aéronefs appartenant à la compagnie. Et surtout d’envisager pour le Mois de Décembre, la reprise des vols internationaux avec pour première destination Paris. Pas si sûr qu’en l’état, ces objectifs soient atteints.

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