Vives sont aujourd’hui les critiques portées sur le plan de relance de la Camair-Co, élaboré par le cabinet Américain Boeing Consulting, pour son inadéquation avec la situation réelle que traverse l’entreprise.

Bien difficile aujourd’hui pour Paul Biya de s’inventer de nouveaux mécanismes de gouvernance, dans sa pratique quotidienne du pouvoir au Cameroun. Près de quatre décennies plus tard, les réflexes sont restés les mêmes et les habitudes identiques, bien que les problèmes rencontrés soient différents. Cela s’observe sur le terrain de la gestion des Entreprises et Administrations Publiques défaillantes, au sein desquelles, le Chef de l’Etat a toujours opté d’agir par le changement des hommes, plutôt qu’au renforcement de la politique globale de ces entités, afin d’harmoniser objectifs et moyens, pour un meilleur rendement. Cas pratique de ces entreprises enfermées dans une gouvernance routinière, la Camair-Co, aujourd’hui complètement à la banqueroute. En huit année d’existence, Paul BIYA a nommé six Directeurs Généraux à la tête de cette compagnie, sans que ne soit perçu le moindre espoir de sortie de crise. Bien au contraire. La situation de Camair-Co chaque jour qui passe inquiète un peu plus.

Pourtant, en 2016, la compagnie s’est dotée d’un plan de relance, élaboré par le cabinet Américain, Boeing Consulting. Un plan qui préconise entre autres points : L’apurement de la dette de l’entreprise, le redimensionnement du réseau à près de 23 destinations, la modernisation de la flotte avec le passage à douze aéronefs et la mise en place d’un plateau technique pour la maintenance des avions sur place. D’un coût initial de 60 milliards de francs CFA, il a été récemment ramené à 45 milliards par le top management sortant de la compagnie. Or, trois années plus tard, ce plan n’a toujours pas fait l’objet d’une mise en application rigoureuse. Comment justifier pareille situation ? « Le business plan de Camair-Co est voué à l’échec, parce qu’il prend pour point de départ le Boeing 767 dénommé Le Dja que Camair avait laissé. Ceux qui ont formulé le business plan de Camair-Co sont des politiciens de Yaoundé qui se sont dit « on a un avion Le Dja, on le fait réviser en Irlande puis on l’affecte sur la ligne Paris… » Affirme Bernard OUANDJI, économiste Camerounais. Autres reproches faits à ce plan de relance, l’inadéquation de la situation réelle de l’entreprise avec les ambitions claironnées. La mise à l’écart du top management de la compagnie au moment de son élaboration.

Des critiques et bien d’autres qui semblent laisser de marbre le gouvernement en place, porté par sa ferme volonté de voir la Camair-Co à nouveau décoller. Il multiplie et martèle pour cela des instructions, en faveur d’une stricte application de ce business plan, ainsi que le rappelait le 23 Mai dernier, Joseph DION NGUTE, Premier Ministre Camerounais, en demandant de « veiller à la réalisation du plan de relance de Camair-Co ». Preuves évidentes de ce que le gouvernement tient à aller jusqu’au bout de son action, en dépit des vives critiques qu’il continue d’essuyer sur la question. Malgré cette bonne volonté affichée des officiels de Yaoundé, la Camair-Co se retrouve toujours en insolvabilité auprès des agences nationales de l’aviation civile, des compagnies d’assistance en escale et fournisseurs divers. La compagnie ne dispose plus que de deux avions opérationnels sur une flotte de six : un MA60 et un Bombardier Q400 en location.

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