Etes-vous surpris par cette résurgence des cas de Covid-19 dans la région de l’Ouest ?
Pas du tout. Lors de la rentrée scolaire, toutes les dispositions avaient été prises et les élèves et étudiants étaient conscients et respectaient les mesures barrières. Ils arboraient des masques et utilisaient les gels hydro alcooliques. Mais une semaine après, il y a eu un relâchement généralisé dans les marchés, les églises, et on a assisté à l’organisation en grande pompe des funérailles, mariages, avec aussi des cas de surcharge dans les transports publics. On a même enregistré beaucoup de cas de demandes d’exhumation et de transfert de corps d’autres localités pour la région de l’Ouest.

D’autre part, devant les services publics, le matériel de lutte contre la pandémie a disparu. Il n’y avait plus d’eau, de matériels désinfectants, de savons… Les élites et les communes sont passées depuis un mois de la distribution du matériel de lutte contre la Covid-19 à la distribution des matériels de l’excellence scolaire. Voilà les conséquences de ce relâchement quelques semaines après, dans les départements de la Mifi et du Noun qui sont en tête des cas de contamination. 

Qu’avez-vous donc fait face à cette résurgence de la pandémie ?
Nous avons commencé à réactiver la machine régionale pour sécuriser déjà l’enterrement de ces nouvelles personnes décédées des suites de la Covid-19, mais aussi pour sensibiliser et alerter les populations sur le danger qui est déjà installé. Auparavant, on observait les cas de Covid-19 dans les grandes villes comme Bafoussam ou Foumban et ça ne concernait que les personnes âgées.

Cette fois, on constate que le Covid-19 est déjà arrivé dans les communautés, dans les écoles comme à Penka Michel et touche des enfants. C’est une situation préoccupante. Si les populations ne respectent pas les mesures barrières, au moment où nous allons vers les fêtes de fin d’année, ce sera la catastrophe. Ce d’autant que la région de l’Ouest compte beaucoup de ressortissants hors du pays qui viennent généralement pour les fêtes de fin d’année. Or, la situation n’est pas stabilisée en Europe. 

Quelles autres mesures comptez-vous prendre ? 
Premièrement, c’est cette sensibilisation qui a commencé pour alerter les populations de ce que le mal est là et fait déjà des ravages. Deuxièmement, dans une correspondance que j’ai adressée aux autorités administratives, traditionnelles, municipales, ainsi qu’aux responsables de santé, je leur ai demandé d’aller sur le terrain faire une évaluation. Il y a les équipes techniques qui vont descendre pour faire des tests massifs de Covid-19 et orienter les gens vers les hôpitaux. Les différents centres également sont réactivés pour pouvoir accueillir les gens et s’occuper d’eux.

Heureusement, nos centres dédiés au Covid-19 de Bafoussam n’ont pas été démantelés comme ailleurs. Ainsi, nos dispositifs étant intacts, il est plus facile de poursuivre le travail qui a été préconisé par rapport à cette pandémie. Nous demandons aux populations de respecter les mesures barrières.

Nous allons appliquer des mesures très fortes, légales, qui peuvent aller jusqu’à l’interdiction de certaines activités durant les fêtes de fin d’année pour pouvoir contrecarrer cette maladie qui est déjà installée et en train de se propager dans notre région. Nous appelons les élites et autres forces vives à apporter un coup de main aux populations dans le cadre de la riposte comme par le passé, en distribuant des masques, gels, désinfectants, etc. 

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