C’est en tout cas le nouveau cap que se fixe le ministre des finances, décidé comme il est en ce moment à donner de la traçabilité à un secteur longtemps dominé par des magouilles de toutes sortes, afin d’aider à l’amélioration de la santé financière du pays tout entier, à travers une régulation numérique optimale et maitrisée.

Grand est aujourd’hui le chantier vers lequel se lance les autorités de Yaoundé, en termes d’assainissement du secteur des assurances au Cameroun, par le billet de la digitalisation du secteur.  Un boulevard énorme, qui donne à voir, surtout à comprendre sur le nouveau cap que fixe désormais le Ministre des finances, sur le chantier de l’amélioration des recettes fiscales du pays tout entier. « Dans son programme d’assainissement de ce secteur, qui va concourir à ce que l’industrie des assurances joue effectivement son rôle, le ministre des Finances a instruit un certain nombre d’actions au rang desquelles il y en a deux. La première, c’est ce que les professionnels appellent la convention IDA : Indemnisation Direct des Assurés. C’est un outil qui va permettre d’accélérer le règlement des sinistres, notamment les petits sinistres, pour lesquels on n’a pas besoin de lourds et longs processus de détermination des responsabilités », selon les propos du Directeur National des Assurances du Cameroun, Blaise EZO’O ENGOLO.

Cela fait pourtant des années que dure ce désordre qui coute chaque ’année, des dizaines de milliards de francs CFA à l’Etat. Des années en effet que les professionnels du secteur ont brillé par leur fragilité à mettre en application de façon stricte, la réglementation en vigueur, du fait des agissements peu ordinaires, qui ont contribué à tirer vers le bas tout le secteur, et engranger pour l’Etat des pertes énormes. Concurrence déloyale, tricherie, corruption et autres fausses attestations ont longtemps été le quotidien des pratiques au sein des professionnels du secteur, et dont la tutelle entend donc éradiquer définitivement, pour une meilleure visibilité, et un nouveau départ. « Toutes les compagnies d’assurances, vont désormais, dès le moment où on émet une police d’assurance, la déverser dans un système, sur cette plate-forme digitale, à partir de laquelle, tout usager pourra vérifier quelle est la qualité de l’assurance qu’il détient. A partir de n’importe quel terminal, par exemple votre téléphone, vous pourrez taper votre nom, vous allez voir toutes vos assurances et les informations connexes, de tel sorte que chacun, quand vous souscrivez votre assurance, même étant encore dans le bureau dans l’assureur, vous pouvez vérifier si votre assurance est de bonne qualité », explique Blaise EZO’O ENGOLO, Directeur National des Assurances du Cameroun.

L’heure a donc sonné, celle de la réforme. Celle des grandes actions, afin de faire rayonner tout le pays, dans ce secteur particulier. Dès le Ier Janvier 2021, toute une plate-forme digitale, donnée pour aider les différentes parties à exercer sereinement, à construire un demain meilleur, pour le bien de la communauté toute entière.

Pour les professionnels du corps, l’idée d’une digitalisation des assurances est une aubaine qui arrangera de beaucoup leurs différentes affaires, ainsi que le précise Albert MBOUME, assureur à Yaoundé « J’ai entendu parler déjà de ce projet de digitalisation. Pour moi, c’est une occasion idoine pour mettre tout le monde au même niveau, et surtout, éradiquer des pratiques qui nous étaient hier défavorables. Car, nous perdions beaucoup d’argent. Avec cette plate-forme digitale, on aura la traçabilité qu’il faut, et il ne sera plus possible de tricher ».

Les attentes sont donc nombreuses, et l’enthousiasme certain pour la majorité des acteurs du secteur rencontrés à Yaoundé et qui nourrissent pour demain de meilleurs options : «  Il le fallait depuis longtemps. Nous en phase avec ce projet car, il donne l’opportunité à notre pays d’explorer les pistes modernes de la gouvernance qui sont plus précises, moins stressantes, et surtout très fiables », précise Ledoux KAMDEM, assureur à Yaoundé. Pour les semaines à venir, le gouvernement annonce toute une série d’actions pour éduquer, sensibiliser et surtout présenter le bien-fondé de cette démarche afin d’avoir l’adhésion du plus grand nombre, laquelle est obligatoire.

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