Deux ONG internationales, dont Reporters sans frontières (RSF), ont demandé mercredi aux autorités camerounaises de publier les résultats de l’enquête sur la mort en détention en août 2019 du journaliste camerounais Samuel Wazizi.

Les autorités avaient mis dix mois à reconnaître la mort de ce journaliste anglophone, arrêté le 2 août 2019 à Buea, dans la région Sud-Ouest, en proie à de violents affrontements entre l’armée et des groupes séparatistes.

Il était accusé par le pouvoir “d’avoir tenu sur sa chaîne des propos critiques à l’égard des autorités sur leur gestion de la crise dans les régions anglophones”, selon le communiqué coécrit par RSF et l’ONG ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

RSF assure pour sa part avoir “pu consulter des photos du journaliste prises à Yaoundé le 13 août 2019, jour de son arrivée dans la capitale camerounaise après son transfert depuis Buea”, et souligne qu’il « présentait de nombreuses blessures sur différentes parties du corps ».

Le 5 juin 2020, le ministère de la défense avait réfuté “des actes de torture ou sévices corporels” et affirmé que M. Wazizi, “actif au sein d’un groupe séparatiste” était mort d’une infection généralisée à Yaoundé le 17 août 2019.

Face aux critiques qui s’étaient multipliées, le président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 38 ans, avait annoncé l’ouverture d’une enquête.

RSF et ACAT-France “exhortent la présidence de la République du Cameroun à rendre public le rapport d’enquête et ses conclusions transmises au président Paul Biya”.

“Plus de quinze mois après la disparition forcée du journaliste, les autorités camerounaises continuent à s’enfermer dans le silence sur les circonstances de sa détention et de sa mort”, s’offusquent-elles.

“Nous savons que les résultats de l’enquête demandée par le président lui ont été transmis il y a plusieurs semaines, mais ils n’ont pas été rendus publics”, a précisé à l’AFP Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

À ce jour, le corps de Samuel Wazizi n’a pas été rendu à sa famille, selon les deux ONG.

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