Camerounais résident en Belgique depuis un peu plus de deux décennies, pour des études universitaires (Université Libre de Bruxelles, Université Catholique de Louvain, Université Saint Louis de Bruxelles), est diplômé d’expertises en ingénierie sociale, en sciences du travail, en sciences politiques et en droits de l’homme. C’est un promoteur de la défense des droits des plus faibles. Il a été associé à l’exposition des pygmées Baka du Cameroun en Belgique. Il a occupé de grandes fonctions de la Ligue belgo-africaine pour le rétablissement en Afrique des libertés fondamentales et au cercle belgo-africain pour la promotion humaine.

Vous venez de décerner des distinctions à plusieurs personnalités du monde des médias et de la politique. Vous vivez en Belgique, donc peu au courant des réalités camerounaises. Qu’est ce qui a motivé cette décente sur la terre natale en cette période de bouleversements sociopolitiques ?

Vous avez pleinement raison je réside à Bruxelles mais je reste très attaché à mon pays le Cameroun. Je dois par ailleurs vous rappeler que je ne me contente pas de rester confiné en Belgique, ma passion pour mon pays me pousse à m’y rendre au moins deux fois par an. Je vous invite également à noter que le monde globalisé dans lequel nous vivons aujourd’hui a brisé les frontières de la Connaissance et de la transmission de l’information au point que nul n’est besoin de se trouver permanemment au Cameroun pour se convaincre des actions menées à la fois par nos hommes politiques et par nos médias.

Qu’est ce qui a guidé votre choix sur les personnalités distinguées ce jour ? L’opposition, la presse, etc ?

Avec votre permission, je voudrais juste rappeler que ce prix 2021 récompense les médias et les personnalités politiques qui se sont d’une manière éclatante illustrées au cours de l’année 2020. Cela dit des critères existent. Tout d’abord quel que soit la catégorie concernée les nominés devaient satisfaire aux critères de constance et de pertinence sur leurs opinions politiques pour ce qui est des hommes politiques et de management de panels d’émissions pour ce qui est des médias. Moi par exemple, par souci de probité et de transparence j’ai décliné l’offre d’être membre du Jury. Ceux qui hurlent et crient sur les toits font du bashing rétrograde contre ma personne. L’Ong Solidarité Universelle est née pour servir et promouvoir l’excellence dans le social et la politique. J’ai la conviction que ceux qui ont reçu ces prix l’ont amplement mérité. A l’instar du président Sam Mbaka qui après près de 33 ans de vie politique a mérité le Prix Spécial du Jury en marquant, de par sa rupture courageuse d’avec son ancienne formation politique, un tournant majeur dans les mœurs politiques camerounaises, en restant totalement à la notion de l’Ethique politique à laquelle tenait son mentor politique Adamou Ndam Njoya. Je voudrais également rendre un vibrant hommage à monsieur Célestin Djamen qui a apporté beaucoup de fraicheur au discours politique par sa liberté de ton et ses analyses incisives et sans complaisances, notamment lorsqu’il invite á réfléchir à la nocivité de boycott électoral dans un système aussi verrouillé et austère que celui que vous connaissez.
Ce faisant son apport dans la compréhension des enjeux a été remarquable. Aujourd’hui beaucoup de Camerounais pensent que la décision unilatérale de boycotter des élections locales n’était pas la bonne solution pour constituer une chance d’alternance dans le pays. De toute façon c’est mon opinion, le Jury est demeuré totalement souverain dans sa démarche.

Ancien membre du Code et diverses organisations de la diaspora, vos activités sont désormais tournées vers les droits de l’homme et la promotion des acteurs de la vie associative. Êtes-vous en rupture avec vos anciens camarades activistes politiques comme la ‘Bas’ ?

Dans cette Diaspora il y’a du bon et du moins bon. Je n’ai jamais été membre ni de près ni de loin de la Bas.Même si certains membres de la Diaspora semblent légitimes dans leurs revendications il n’en demeure pas moins vrai qu’elles diffèrent par leurs méthodes. Les enfants du Cameroun, de l’Extérieur comme de l’intérieur ont besoin
de mendier la Sécurité et la Paix car trop de sang a été versé.

Comment entrevoyez-vous le changement revendiqué à cor et à cri par la diaspora ?

Aucun changement n’est envisageable au Cameroun sans l’implication des locaux. D’ailleurs il n’y a pas que la Diaspora qui revendique le changement. L’appui financière que peut fournir la Diaspora ne parviendra jamais à elle toute seule à créer l’alternance dont a besoin l’ensemble des populations du Cameroun.

Quels conseils pour vos camarades qui se sont illustrés bruyamment dans les rues occidentales pour exiger le changement politique au Cameroun ?

Je dirai que toute forme d’agitation n’est pas synonyme de vitalité encore moins d’efficacité et que toute forme de silence ou de modération ne signifie pas faiblesse. Le vrai combat se déroule au Cameroun même si la vaillante diaspora a son rôle à jouer. Je cultive la modération car je respecte toutes les opinions et privilégie le dialogue.
Les méthodes cavalières et obscurantistes des deux côtés ne me convainquent guère. La lutte doit être moins brouillonne et mieux pensée afin d’espérer des résultats meilleurs. Je prie les uns d’être plus tolérants vis à vis des opinions des autres et plus stratèges dans les choix de moyens de lutte. Seuls le travail et la bonne Stratégie paient en politique.

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