Le saxophoniste y a débarqué dans les années 1950, épousant une femme du cru.

« Parler du séjour de Manu Dibango à Bruxelles dans les années 50, c’est évoquer une époque que peu de gens connaissent vraiment. Pourtant, les « doyens africains de Belgique », qui ont connu l’artiste dans les années 50, 60 et 70, ne tarissent pas d’éloges à l’endroit du Grand Manu », pense Hugues Seumo, journaliste à Bruxelles.
Il poursuit: « En 1957 Manu Dibango joue dans des lieux comme le Tabou ou les Anges Noirs, à la rue de Stassart. Bien avant, il était très actif à le Chat Noir à Charleroi. C’est à Bruxelles, en 1956, qu’il fait la connaissance de Marie José, dit Coco, qui devient sa femme en février 1957, et avec qui il vivra jusqu’au décès de cette dernière, en 1995 ».

Hugues SEUMO se souvient de ce que lui disait au sujet de Manu, le regretté Papa Makela Luboko, salarié de l’hôtel Plaza: « J’ai découvert Manu Dibango pour la première fois lors de la grande fête de l’hôtel Plaza, à la fin de la Table ronde belgo-congolaise de 1960, pour la date de l’indépendance du Congo. L’orchestre African Jazz, sous la direction du grand Joseph Kabasele, joua pour la première fois sa chanson emblématique Indépendance Cha cha. Le public connaissait l’orchestre African Jazz, mais n’avait jamais vu jouer un saxophoniste autre que le vieux Isaac resté au Congo. Le public ne savait pas que Manu Dibango était Camerounais car, il maîtrisait les rythmes musicaux congolais joués ce jour-là ».

Quant à Hugues Seumo, il n’oubliera jamais la dernière image qu’il a vécue de Manu Dibango sur scène à Bruxelles. « Bâtisseur de ponts » « C’était le 2 juin 2013, lors de la fête de l’environnement. Manu Dibango s’était produit au Parc du Cinquantenaire, situé sur la commune d’Etterbeek. Les Bruxellois avaient vibré sous la trompette de cet infatigable déjà octogénaire, qui avait tenu en haleine le public nombreux », indique-t-il, avant de conclure: « Des instants sonores de qualité supérieure, reprenant ses titres les plus connus. Sa carrière foisonnante et unique, à cheval sur trois continents, avait fait de lui un musicien d’envergure universelle, une légende d’une simplicité désarmante. Sa musique bercera les contemporains pendant longtemps ».

Madame Elemva, domiciliée à Bruxelles abonde dans le même sens. « Manu Dibango, alias “Papa groove” ou encore “Papa Manu” fut l’un des rares saxophonistes de dimension internationale dont le nom résonne aux oreilles d’un très large public. C’était un « bâtisseur de ponts entre l’Occident et l’Afrique. A quand un monument en sa mémoire en Belgique, France, Congo ou au Cameroun? » S’interroge-t-elle, à juste titre.

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