Il y a 72 ans ce 10 décembre 2020, l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptait à Paris, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH).

Après les barbaries perpétrées lors de la seconde guerre mondiale, cette déclaration réaffirmait les droits fondamentaux de tout être humain, « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine », « les droits égaux et inaliénables [qui] constituent le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ».

La Déclaration de 1948 a ravivé l’espoir pour bon nombre de fervents défenseurs des droits de l’Homme. Elle porta ses fruits et fut le point de départ d’autres textes internationaux et régionaux proclamant les droits de l’Homme : Pactes internationaux sur les droits civils et politiques et économiques, sociaux et culturels (1966), Conventions internationales contre la torture, pour l’élimination des discriminations raciales et à l’égard des femmes, sur les droits de l’enfant et le statut des réfugiés, ainsi que, sur le plan régional, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, la Convention inter-américaine des droits de l’Homme (1969), la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (1981), etc.

En ce jour, l’asbl Cebaph (Cercle Belgo-Africain Pour la promotion Humaine), toutes les antennes réunies, se joint à la Communauté Nationale et Internationale pour commémorer cette Journée Internationale des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales

Cette journée commémorative pour tous les militants défenseurs des droits humains intervient à un moment où de grandes interrogations et de vives préoccupations sont présentes dans les esprits au moment où les libertés fondamentales demeurent bafouées dans le monde entier et l’Afrique en particulier.

A cet effet, inquiet de la tendance négative du respect des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales en Afrique, l’asbl Cebaph constate que :

Les cas de violations des droits de l’Homme dans le cadre ou au nom de la lutte contre le terrorisme sont en effet nombreux sur le continent africain.

Pourtant, il n’existe pas en Afrique de mécanisme de contrôle du respect des droits fondamentaux dans ce contexte spécifique.

Seules l’actuelle Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples et la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples auraient un rôle important à tenir pour contrôler les mesures et pratiques des États.

Les dossiers sur les exactions que subissent la populations du Sud-ouest et du Nord-ouest du Cameroun et qui implique dans la conscience universelle le caractère flagrant de l’impunité sont classés sans suite. Idem pour la situation alarmante des défenseurs des droits de l’Homme qui sont en permanence en danger de mort.

-Le système de dysfonctionnement du système judiciaire, la corruption, les détentions arbitraires, le népotisme et les actes de tortures récurrentes au Cameroun

-Les violations des droits humains ne diminuent guère au Congo RDC. On compte encore des prisonniers politiques, des personnes qui ont voulu jouir de leur liberté d’expression et qui se retrouvent aujourd’hui en prison

– Le Darfour, théâtre d’une rébellion et d’une répression qui continue en toute impunité à chasser de leurs foyers des millions d’habitants

– La crise socio politique dans les grands lacs, qui s’accompagne d’une crise sécuritaire et humanitaire grave, est un triste rappel que nous ne devons jamais relâcher notre vigilance.

– La situation des droits de l’Homme en Libye continue d’être marquée par des abus généralisés et des violations perpétrées par toutes les parties au conflit en toute impunité.

Des milliers de personnes sont détenues arbitrairement dans des centres de détention à travers le pays, certains depuis le conflit armé de 2011, dont beaucoup sont soumis à la torture et à des mauvais traitements. Des groupes armés tuent et tiennent illégalement des civils et des combattants en otage. Des hommes, des femmes et des enfants tous des migrants sont emprisonnés, tués et blessés en toute impunité par des groupes armées.

– Aussi, l’asbl Cebaph relève que les campagnes électorales ont été violentes dans plusieurs pays, notant que “dans presque tous les cas, les violations des droits humains ont été commises en toute impunité”.

Interpellation

Face à cette situation de dégradation alarmante des droits de l’Homme en Afrique, l’asbl Cebaph profite de ce 72 ième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme pour lancer un appel pour une mobilisation générale et permanente à l’endroit de toutes les citoyennes et de tous les citoyens en vue de faire échec aux fossoyeurs de libertés fondamentales et de l’Etat de Droit .

L’Asbl Cebaph interpelle les autorités camerounaises en vue de la libération de tous les prisonniers politiques et invite les mêmes autorités à initier un procès équitable pour toutes les personnes interpellées dans le cadre d’une enquête. Nous en profitons également pour condamner au Cameroun, la répression de toute manifestations de l’opposition, des actes d’arrestations arbitraires, des détentions abusives, de la torture etc. entretenus de façon récurrente par les autorités locales vis-à-vis des populations démunies.

Face au règne grandissant de l’impunité en République Centrafrique, l’asbl Cebaph interpelle les autorités locales afin qu’elles mettent en œuvre les mesures nécessaires pour lutter contre ce manquement. Cela passe notamment par l’interdiction en droit interne de toute violation des droits reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, par la garantie d’une justice indépendante et impartiale, et par la mise en œuvre de sanctions efficaces.

A l’heure et où des êtres humains sont abandonnés à leur triste sort en pleine mer Méditerranée, il est toujours nécessaire de militer pour que des atteintes à leurs droit fondamentaux cessent, tout en rappelant l’article 19 de la Déclaration : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Ainsi que l’article 14 qui stipule : « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. »

En tout état de cause, l’asbl Cebaph interpelle le Conseil de Paix et de sécurité de l’Union Africaine, l’Organisation des Nations Unies, l’Union Européenne, tous les militants des Droits de l’Homme et tous les Démocrates du monde entier, à se mobiliser comme un seul Homme pour promouvoir les valeurs républicaines contenues dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

L’asbl Cebaph salue le courage des centaines de milliers de défenseurs dans le monde qui, avec énergie et dévouement, mettent en danger leur vie pour la promotion et la protection de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales.

Une fois encore, nous n’avons qu’une intention : Celle d’arrêter le cycle infernal des massacres, génocides et de l’humiliation de l’intelligentsia africaine.

En ce jour d’anniversaire, nos pensées vont vers tous les pays du globe où les droits humains les plus élémentaires ne sont pas respectés et où des militants et militantes se battent quotidiennement pour pouvoir vivre et s’exprimer librement.

Nous exhortons dont à un sursaut de tous les Africains en ce 72 ieme anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme pour enfin retrouver le sens de la dignité qui, est la parfaite harmonie entre ce que l’on dit et ce que l’on fait pour un renouveau dans notre continent, berceau de l’Humanité.

Pour l’asbl CEBAPH, ce texte de la déclaration Universelle des Droits Humains est essentiel. Traduit dans plus de 500 langues, la proclamation de la Déclaration universelle consacrait partout dans le monde les droits et libertés individuelles et collectives. Septante deux ans plus tard, il reste important de rappeler régulièrement que les droits fondamentaux mis en exergue dans ce texte se doivent d’être respectés.

Aujourd’hui encore, à l’adresse du pouvoir politique, les militants des droits humains disent ceci : aucun discours ou programme ne peut permettre à la société de se développer sans les droits de l’Homme.

Fait à Bruxelles le 10 décembre 2020

Hugues SEUMO,
Secrétaire général

À propos du Cercle Belgo-Africain Pour la Promotion Humaine ( Asbl CEBAPH)

Le CEBAPH est un organisme sans but lucratif, indépendant et non partisan, issu de la société civile Belge et Camerounaise et affilié à la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et plusieurs organisations de défenses et de promotion des droits humains. Depuis plus de 20 ans, il milite en faveur de la défense et de la promotion de tous les droits humains reconnus par la Charte internationale des droits de l’Homme.

Contact : asblcebaph@gmail.com  
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Tel: +32 483 27 84 60 ou +32 485 39 58 85

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