Monsieur le Président de la république du Cameroun,

Quand on appartient à une Nation qui s’appelle le Cameroun, résister est un devoir. La vérité et l’endurance sont des armes lentes mais d’un pouvoir dévastateur.

A la suite de la réunion du 18 septembre qui s’est tenue à Paris regroupant des Camerounaises et des Camerounais et d’autres amis au Cameroun, membres de la société civile, nous nous sommes concertés sur le cas de Marafa Hamidou YAYA emprisonné depuis trop longtemps pour des motifs pour le moins contestables. En effet, il se serait rendu coupable de complicité intellectuel dans une affaire de malversation financière dont les principaux auteurs sont aujourd’hui toutes et tous hors de prison. Accusation n’ayant aucune valeur juridique en Droit pénal.

Marafa Hamidou YAYA fait partie de cette longue liste de vos proches collaborateurs qui ont été arrêtés pour des raisons diverses, en particulier pour des malversations financières. Pour les uns c’est justifié, pour d’autres on peut en douter.

Il était ce proche collaborateur, serviteur de la Nation, pour qui la communauté nationale est et doit rester UNE et solidaire, dans sa diversité et ses complémentarités, voire ses contradictions. Peu importe l’origine géographique, ethnique, religieuse ou culturelle, le peuple camerounais est notre communauté nationale globale. Jamais, il n’a favorisé ou mis en avant une quelconque communauté du Grand Nord.

Marafa Hamidou YAYA a toujours parlé de la Communauté nationale dans son ensemble.

Marafa Hamidou YAYA est un progressiste qui veut, dans la continuité de votre politique, mettre en œuvre une nouvelle gouvernance qui s’appuie sur les formidables énergies de notre pays, en privilégiant le travail pour tous, en revivifiant et promouvoir la justice sociale. Il veut renouveler en profondeur notre démocratie comme moteur de la société. La violence et le sectarisme qui prévalent aujourd’hui au Cameroun sont insupportables. Ils ne servent que les extrémistes qui vous entourent et qui en tirent bénéfices égoïstes.

L’incarcération abusive et la violation des droits de l’ancien ministre d’Etat Marafa Hamidou, dénoncée par la cour des droit de homme de l’ONU en 2016, dont on ne peut pas dire qu’elle serait partiale en la matière, ne contribue pas à un retour au calme et à la pacification de notre pays.

Nous faisons appel à vous aujourd’hui, Monsieur le Président, afin que vous puissiez nous apporter votre soutien et votre appui politique, pour que la cause de l’ancien ministre d’Etat Marafa Hamidou YAYA soit reconsidérée par la haute autorité idoine du Cameroun et qu’il bénéficie d’une libération anticipée assortie d’une annulation des accusations retenues contre lui. Ce serait de bon droit.

En bon serviteur de l’Etat, il pourra, à nouveau, apporter son expertise et son expérience pour la résolution des différentes crises qui secouent le Cameroun depuis de longues années. Il peut porter une parole politique forte sur les questions que soulèvent la discrimination politique légale dont se sentent victimes certaines régions du Cameroun et, plus globalement, toute la société dans sa vie quotidienne.

Marafa Hamidou YAYA est la personnalité politique, aujourd’hui, qui peut gérer tous ces éléments conflictuels. Par conséquence, il est l’homme de la situation.

Il est urgent que la démocratie mue, que l’espace public de dialogue et de débats soit revivifié, que l’intérêt commun retrouve une force qu’il a perdue, une vertu qui lui a été soustraite.

Dalami MAHAMAN, Délégué Général

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