Les dates du 15 novembre 1884 – 26 février 1885 marquent une période de l’histoire universelle qui doit être connue de l’opinion française, patrie des droits de l’Homme, pays des libertés. Les 15 novembre 1884 – 26 février 1885 sont des dates qui doivent être connues de l’opinion internationale. La communauté humaine doit prendre acte que les Africains et la diaspora africaine, de France, de Belgique, d’Allemagne et d’ailleurs, ainsi que les sympathisants africains ont pris conscience de l’acte abominable qu’est le partage de l’Afrique entre les 14 pays occidentaux que furent: l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l’Empire ottoman, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie et la Suède. Ces États ont autour d’une table, sans état d’âme, loin du continent africain, sans y avoir mis le pied, et ce à notre insu, puisque nous étions les grands absents ; ces 14 États ont dessiné des frontières artificielles qui attisent les conflits actuels sur certaines régions du continent Africain.

Nous Africains, membres de la diaspora africaine et sympathisants africains, nous souhaitons une Afrique libre, autonome, capable de négocier équitablement dans l’intérêt de ses populations. Nous ne voulons plus d’une image de l’Afrique associée à des bateaux qui embarquent, hommes, femmes et enfants d’une rive à une autre, comme on le constate chaque jour en mer Méditerranée entre les côtes espagnoles, italiennes et marocaines. Des espaces maritimes qui sont devenues des cimetières marins, où des milliers d’Africains périssent, quand d’autres échouent dans le désert libyen , et où l’esclavage moderne demeure sous le silence de la Communauté internationale et singulièrement de l’Union européenne, et qui rappelons-le, pour ne pas prendre ses responsabilités, finance la Libye dont le premier objectif est d’empêcher que les migrants puissent atteindre les côtes occidentales, et plus particulièrement l’espace Schengen.

Nous Africains, membres de la diaspora africaine et sympathisants africains partout dans le monde dénonçons ces injustices qui ne sont que le prolongement du partage de l’Afrique, celui effectué lors de la Conférence de Berlin, au palais de Bismarck, entre le 15 novembre 1884 et le 26 février 1885. En d’autres termes, nous dénonçons les négociations faites en moins de quatre mois sur le compte de l’Afrique au détriment des populations africaines, au détriment de son environnement, au détriment de son indépendance, au détriment de sa souveraineté !

L’Afrique est riche, l’avenir du monde se trouve sur son territoire, de par sa population qui est jeune, et de par ses ressources naturelles tant convoitées par l’Occident, la Chine et d’autres puissances. L’Afrique est le premier fournisseur de matières premières aux régions fortement industrialisées. Notre continent tient sa richesse de son sous-sol gorgé d’or, de diamant, d’uranium, de gaz, de pétrole… Mais l’exploitation de ces ressources ne contribue pas pour autant à réduire la pauvreté orchestrée par une domination extérieure, par la présence d’anciens colonisateurs (occidentaux) et de nouveaux exploitants (chinois, russes, indiens…) sous couvert d’investissements directs. Nous dénonçons évidemment la complicité de certains dirigeants africains, placés successivement par les gouvernements d’anciens pays colonisateurs; des dirigeants africains qui cautionnent l’installation à moindre coût de multinationales qui pillent nos richesses, exploitent la main-d’œuvre, polluent air, eau et sol.

Certains d’entre nous sont triplement victimes, car en plus d’avoir perdu un proche, ils ont dû s’exiler et se trouvent face à une injustice, à une vérité cachée. Nous pensons ici aux familles Sankara, Soilihi, Ben Barka, Lumumba et bien d’autres. Des familles dont nous avons en grande partie le soutien à notre démarche. Notre mouvement prend naissance ce 15 novembre 2020, date qui symbolise pour nous, descendants d’africains et sympathisants d’africains, le refus catégorique du prolongement de cette conférence qui nuit à l’épanouissement de l’Afrique, de sa jeunesse, et de son élite.

Nous appelons tous les Africains : du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest ; nous appelons les membres de la diaspora africaine et les sympathisants africains, où qu’ils soient, de nous rejoindre, pour affirmer : que l’indépendance du continent africain doit être une réalité ; rejeter la politique dictatoriale et l’ingérence des puissances occidentales dans les affaires africaines ; de tout mettre en place pour sortir de l’économie de traite qui est un continuum de la domination coloniale pour avoir notre propre monnaie à l’image de la Guinée au temps de Sékou Touré. Nous souhaitons, d’où nous sommes, mettre fin à l’exploitation et à la pauvreté que le système actuel engendre.

L’un de nos objectifs est de concilier nos histoires communes entre les pays du nord et ceux du sud. Nous avons un devoir de mémoire, les 15 novembre 1884 et 26 février 1885 sont à inscrire dans l’histoire universelle. La diaspora africaine en France est engagée, celle de la Belgique, de la Réunion, nos sœurs et frères sur le continent : en Algérie, en Tunisie, au Maroc, au Cameroun, au Togo, au Burkina Faso, au Rwanda, etc… s’organisent. Nous sommes ces nouveaux acteurs du changement et nous voulons le faire savoir. La jeunesse africaine, qu’on le veuille ou pas s’inscrit dans l’agenda du monde. Les conséquences de la colonisation et le poids de son histoire, sont des faits qui nous sont communs ! La France et les pays ayant participé à cette «conférence» que l’on doit requalifier de mascarade, doivent faire une rétrospective de cette partie de l’histoire qui nous lie à jamais, pour mettre fin à ce système néo-colonialiste !

Rendez-vous le 26 février 2021 à Berlin devant le palais de Bismarck à 14h00

De Gaulle disait que «Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts». Nous, descendants africains, nos intérêts sont de préserver notre indépendance, notre souveraineté, notre environnement. Nous ne souhaitons pas que les futures générations soient prises entre l’échec et l’espoir. Nous souhaitons pour elles que l’Unité africaine prenne ses responsabilités, non seulement vis-à-vis d’elles, mais aussi de ses membres. Pour que l’Afrique soit une et indivisible, pour que l’Afrique soit une puissance économique.

Le Club des 54 et ses sympathisants

Pour une indépendance de l’Afrique

Paris, le 15 novembre 2020

Contact presse :

Nouriati Djambae (cellule France) – résistanceafricaines@gmail.com   06 52 78 16 89

Jean-Jacques Lumumba (cellule Europe) -jeanjacqueslumumba@gmail.com  – 07 58 74 33 23

Cheikh Fall : (cellule internationale) cheikh.fall@ – +00221 775500469

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