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Cameroun - 20 Mai 2019 : La note salée qui vient des régions anglophones

La 47e édition de la fête nationale de l’unité aura, tout au long de son déploiement connu des rebondissements divers dans les deux régions en crise, mettant ainsi à mal l’idée d’une unité qu’il faut consolider, pendant que, sur le terrain, tout laisse croire qu’elle reste fébrile.
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05/21/2019 - 15:17
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
CAMEROUN-20 Mai 2019 : La note salée qui vient des régions anglophones

A mesure que le temps passe, jour après jour, la situation à Bamenda et Buea renforce les inquiétudes. Les officiels de Yaoundé plus de 21 mois après le début de la crise, n’arrivent toujours pas à Harmoniser leur discours sur la résolution de ce conflit.

La semaine qui s’est achevée a, une nouvelle fois encore, donné l’occasion à la communauté nationale et internationale de percevoir cette sorte de chevauchement de la parole sur la question de cette crise, entre le tonitruant ministre Atanga Nji, chargé de l’Administration territoriale, et son premier Ministre, Joseph Dion Ngute, au sujet de la démarche officielle à mettre en œuvre pour trouver accalmie à Bamenda et Buea. Pour le premier, pas de négociations qui tienne avec ceux qu’ils qualifient de terroristes, propos tenus sur le plateau de France 24 ; pour le second, c’est pourtant précisément le dialogue qui reste la clé de réussite pour la résolution de cette crise. Le premier Ministre l’a d’ailleurs martelé durant la huitaine de jours passé dans les zones en conflits.  Ce qui de toute évidence témoigne de la grande dissonance qui réside au sein de l’appareil gouvernant, quant à la stratégie idéale que devrait adopter l’Etat pour ramener la paix et la stabilité dans cette partie du pays. Une situation des plus déconcertantes qui vient ainsi diminuer de beaucoup les ambitions et clameurs de tout un pays, qui ne cesse d’entonner en cœur, le chant de ralliement d’une unité nationale qui jusqu’ici reste fébrile. Comment parler d’unité lorsque les enfants d’une même patrie s’entretuent, dans une guerre qui coûte désormais cher au Cameroun. Car, à ce jour, pas moins de 2000 personnes ont trouvé la mort dans les violences et autres manifestations orchestrées dans le cadre de ce conflit, 550 000 autres ont quitté leur milieu naturel d’habitation en direction des localités plus stables socialement.  Cette année, une fois encore, une fois de plus, la fête de l’unité semble malheureusement s’être butté aux portes de la barbarie et de la révolte à Bamenda et Buea.