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Crises au Cameroun : L’Union Européenne formule des recommandations

Le Parlement Européen a adopté une résolution déplorant la gestion des crises sociopolitiques qui déchirent le Cameroun, formulant des recommandations en faveur de l’apaisement des tensions politiques et de la résolution de la « crise anglophone »
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04/19/2019 - 17:29
Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Le Parlement européen s’alarme du climat sociopolitique au Cameroun. Réunis en session plénière, ce jeudi 18 avril 2019, à Strasbourg, les eurodéputés ont déploré le cycle de violences contre des opposants au régime. Il s’agit notamment de l’arrestation de l’opposant Maurice Kamto et une centaine d’autres leaders et partisans du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui contestent la réélection du Président Paul Biya, lors de la Présidentielle de 2018.

Les parlementaires se sont également dit préoccupés par des soupçons de violation des droits de l’homme dans la réponse du pouvoir de Yaoundé, à la crise sécessionniste dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest. Aussi, une résolution portant sur 11 recommandations, a-t-elle été adoptée par le Parlement européen.

« Le Parlement européen regrette profondément le climat répressif qui règne au Cameroun face aux partis d'opposition et à leurs partisans, à la société civile et aux mouvements de citoyens », peut-on lire dans le document final. Aussi, les élus européens ont demandé « la libération immédiate » du leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto et tous les autres prisonniers politiques.

Pour mémoire, le leader du MRC, arrivé deuxième au sortit de la présidentielle d’Octobre dernier, continue de qualifier la réélection du Président sortant, Paul Biya, de « hold-up électoral ». L’opposant a été arrêté, deux jours après des manifestations anti-régime. Au moins, 150 autres leaders de sympathisants de son parti ont été interpellés. Inculpés de « rébellion, insurrection et hostilité contre la patrie », ils encourent jusqu’à la peine de mort au Tribunal Militaire de Yaoundé.

Pour le Parlement européen, « les tribunaux militaires ne peuvent être en aucune circonstance un lieu où les civils sont jugés ». Bien plus, la résolution suggère « des enquêtes indépendantes et transparentes sur l’utilisation abusive de la force par les policiers sur les manifestants », peut-on lire dans le document.

S’agissant de la crise dite anglophone, en cours dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, les eurodéputés se sont montré particulièrement critiques. Le Parlement Européen « se déclare particulièrement préoccupé par les allégations selon lesquelles les forces gouvernementales seraient responsables d'homicides, de recours excessif à la force et de tortures. »

Aussi, le Parlement de Strasbourg « demande au gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à la violence et à l'impunité dans le pays » et « d'organiser de toute urgence un dialogue inclusif en vue d'une solution pacifique et durable à la crise dans les régions anglophones. »

S’appuyant sur la jurisprudence des américains qui ont réduit leur assistance militaire au Cameroun, pour de graves soupçons de violation de droits de l’Homme, les députés européens « demandent à la Commission européenne de procéder à une évaluation du soutien de l'Union européenne aux services de sécurité à cet égard. »

Des recommandations auxquels le Gouvernement n’a pas encore réagi.

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