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Cameroun : Penda Ekoka saisit l’ONU pour détentions arbitraires

L’ancien conseiller du Président Paul Biya, passé à l’opposition, a été interpellé et incarcéré à la Prison Principale de Yaoundé, en marge de manifestations organisées par le Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et son leader, Maurice Kamto, dont il est un des alliés.
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03/25/2019 - 16:44
Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Christian Penda Ekoka a, par l’entremise de son avocat, William Bourdon, saisit le groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires. « Faute de pouvoir bénéficier d’un recours effectif au Cameroun, Penda Ekoka a été contraint de s’adresser aux institutions supranationales pour pouvoir sanctionner le caractère incroyablement arbitraire de son interpellation et de son placement en détention », a déclaré l’avocat français, le 21 mars 2019.

Ancien Conseiller Economique à la Présidence de la République, et donc proche collaborateur du Chef de l’Etat, Paul Biya, Christian Penda Ekoka avait démissionné quelques semaines avant la Présidentielle d’Octobre 2018. Fustigeant la gouvernance actuelle du régime de Yaoundé, il s’était rallié à la candidature de l’opposant Maurice Kamto.

Ce dernier, candidat sous la bannière du Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a été classé 2ème au terme du scrutin, crédité de 14ù des suffrages par le Conseil Constitutionnel. Depuis, le Président du MRC et ses alliés, dont Penda Ekoka, contestent la réélection du Président Biya (71,28%) et dénoncent un « hold-up électoral » sur fond de fraudes massives.

Christian Penda Ekoka a été interpellé le 28 janvier à Douala, en compagnie de Maurice Kamto et d’autres leaders de leur alliance. Des interpellations survenus deux jours après des manifestations du MRC à Yaoundé, Douala et Bafoussam. Des manifestations interdites par les autorités administratives et sévèrement réprimées par les forces de l’ordre.

A cela, s’ajoute le saccage des ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin, par des activistes de la diaspora, soupçonnés d’être proches du MRC, et dont le pouvoir de Yaoundé semble imputer la responsabilité au leader de l’opposition et ses alliés.

Mi-février, le Tribunal Militaire de Yaoundé a inculpé l’homme politique Christian Penda Ekoka et ses co-accusés de « rébellion », « hostilité contre la patrie » et « insurrection ». Depuis, ils sont détenus à la prison principale de Yaoundé, où ils attendent leur procès. Tout en qualifiant leurs détentions d’arbitraires et dénonçant un procès politique.

« Nous attendons du groupe de travail (de l’ONU) une décision qui souligne les très graves violations à la fois de la Constitution, de la loi camerounaise elle-même, à la fois le mépris pour les obligations internationales du Cameroun, qu’il s’agisse des conditions sur l’interpellation, son placement en garde à vue, de son inculpation », a pour sa part, indiqué l’avocat de M. Penda Ekoka, Me Bourdon.  

Poursuivant, l’avocat français a regretté que « ce sont les juridictions militaires qui ont été saisies, or ce n'est pas de nature militaire, donc c’est un détournement de procédure absolument caricaturale ».

Pour rappel, les avocats de Maurice Kamto ont également annoncé le dépôt d’un dossier auprès des juridictions internationales pour des motifs similaires.

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