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Cameroun : Le Gouvernement rejette l’idée d’une rencontre Kamto – Paul Biya

Le porte-parole du Gouvernement camerounais, a rejeté mardi, la demande de l’opposant Maurice Kamto, de rencontrer et discuter avec le Président de la République, Paul Biya.
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03/20/2019 - 12:06
Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

 « Le Président Biya ne peut pas être considéré comme étant à mettre sur un même pied d’égalité que M. Kamto qui est un citoyen comme tout le monde. Je crois qu’il doit aujourd’hui cesser de se considérer comme un alter ego », a déclaré le Ministre de la Communication, au cours d’une interview sur les antennes de Radio France Internationale, ce mardi 19 mars 2019.

Par cette déclaration lapidaire, le porte-parole du Gouvernement rejetait ainsi la demande de l’opposant Maurice Kamto, de rencontrer et discuter avec le Président Paul Biya. Une demande rapportée par son avocat, Me Dupont-Moretti, au cours d’une conférence de presse samedi dernier.

D’après l’avocat français, Maurice Kamto, actuellement jugé devant le Tribunal Militaire de Yaoundé pour « insurrection, rébellion et hostilité contre la patrie », se « dit tout à fait prêt à discuter avec le président Paul Biya ».

Seulement, Me Dupont-Moretti ne s’est pas arrêté là. Appelant à la « sagesse » du régime de Yaoundé, et l’invitant à « libérer » son client. Mieux, le membre du collège d’avocat de Maurice Kamo et ses 160 autres co-accusés a appelé le pouvoir à trouver des solutions pour sortir d’une « situation ubuesque », qualifiant la procédure en cours de « procès politique ».

Des propos qui passent mal chez le Ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. « Nous déplorons la condescendance et les propos tenus par M. Moretti dont la lecture des faits ou alors la version qu’il en a reçue est complètement fausse. Toute chose qui l’amène à s’éloigner du terrain juridique pour embrayer sur des considérations politiques », a-t-il dit.

Pour le porte-parole du Gouvernement, « les chefs d’accusation et la mise en détention de Maurice Kamto et ses partisans sont clairs et conformes aux lois et règlements du Cameroun. On ne saurait donc les qualifier d’arbitraires ou d’ubuesques, comme l’a affirmé péremptoirement M. Moretti ».

Pour mémoire, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, Maurice Kamto, arrivé deuxième au terme de la Présidentielle d’Octobre 2018, conteste toujours la réélection du Président Paul Biya, crédité de 71,28% des suffrages par le Conseil Constitutionnel. L’opposant, a été interpellé le 28 février dernier, avec 160 autres sympathisants de son parti, en marge de manifestations (le 26 février) interdites par les autorités. Simultanément, les ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin ont été saccagées par des manifestants proches du MRC, selon le régime.

Depuis, Maurice Kamto a été placé en détention à la prison principale de Yaoundé. « Je souhaite dire un certain nombre de choses au Président Biya ; je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu ; mais je veux aussi qu’on respecte mes droits », a-t-il chargé son conseil français de transmettre.

« Nous demandons à M. Moretti qu’il n’est pas venu au Cameroun comme médiateur, qui au demeurant, se défend d’être un donneur de leçon ou un incendiaire, de s’en tenir strictement à la mission qui est la sienne. C’est-à-dire assurer la défense de ses clients devant la justice camerounaise, et non pas de se faire l’écho d’arguments ineptes ou de revendications surréalistes à propos d’une prétendue victoire volée à M. Kamto », a martelé le Porte-parole du Gouvernement, René Emmanuel Sadi.

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