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Cameroun : Récurrence de la vindicte populaire

Malgré l’inexistence des statistiques, la vindicte populaire est beaucoup plus récurrente dans les grandes villes, notamment Yaoundé et Douala.
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02/20/2019 - 12:14
lucien embom
Journaliste

On observe une banalisation du recours à la justice populaire et, du reste, note avec inquiétude, l’impunité dont semblent jouir les auteurs. Elle attire l’attention de l’Etat sur la nécessité de compiler les données factuelles relatives à ce phénomène en vue, d’identifier les mesures à prendre pour prévenir les actes de justice privée.  Le Rapporteur Spécial des Nations Unies, Philip Alston a mené une réflexion sur les entorses aux droits humains.

D’après le fonctionnaire onusien, les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, la vindicte populaire ou le lynchage de termes et d’euphémismes qui devraient être rangés dans le registre des « exécutions imputables au vigilantisme » ou « exécutions vigilantistes ». La vindicte populaire désigne en effet « un acte collectif et sommaire par lequel un groupe de personnes infligent des violences physiques dans le but d’entraîner la mort.

Ce traitement est appliqué à un individu suspecté d’un crime ou délit. La principale raison souvent invoquée par ce groupe de personnes est l’incapacité de l’Etat à faire l’ordre, du fait des « manquements des autorités policières et judiciaires à enquêter, poursuivre et punir les crimes et délits ». Les auteurs de la vindicte populaire commettent eux-mêmes des infractions qui les exposent à des sanctions pénales.

Au demeurant, tout suspect doit bénéficier de la présomption d’innocence « jusqu’à ce sa cause ait été entendue par un juge indépendant et compétent » qui, après audition de toutes les parties impliquées dans la réalisation des faits constitutifs d’une infraction se prononce sur la culpabilité ou non du mis en cause. Il est donc entendu que dans un pays de droit, le peuple ne doit pas s’arroger le pouvoir de supprimer la vie.

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