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Cameroun : La France « très préoccupée » par l’inculpation de Maurice Kamto

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est dit « très préoccupée » mercredi, après l'inculpation de leader de l’opposition camerounaise, Maurice Kamto pour « insurrection » et « hostilité contre la patrie ».
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02/15/2019 - 15:32
Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

La France, ancienne puissance coloniale, suit de près l’évolution de la situation politique au Cameroun, après l'inculpation et l’incarcération de Maurice Kamto, principal opposant au Président Paul Biya. « Nous sommes très préoccupés du respect de l’Etat de droit, des risques de conflit civil » au Cameroun, a déclaré Jean-Yves Le Drian, au cours d’une audition devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, ce mercredi 13 février 2019.

 Le ministre français des Affaires Etrangères a ajouté que la France a mené « des interventions auprès du président Biya », pour appeler au dialogue inclusif. « Le président de la République (Emmanuel Macron) lui-même l’a appelé au téléphone pour l’inciter à un dialogue politique inclusif, à mettre en œuvre des mesures de détente et approfondir la décentralisation », a-t-il indiqué.

Plus tôt, mercredi, la porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès von der Mühll, s’était également dite « préoccupée par ce développement judiciaire » impliquant l’opposant Maurice Kamto. Estimant que « l'opposition camerounaise, dont il est l'une des figures, doit pouvoir s'exprimer librement, dans le respect de la loi ».  

Pour mémoire, Maurice Kamto, qui conteste la réélection en 2018 du président Paul Biya, a été inculpé pour « rébellion, insurrection, hostilité contre la patrie », par le Tribunal Militaire de Yaoundé et transféré à la prison centrale de Yaoundé dans la nuit de mardi à mercredi.

Le Président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), avait été interpellé deux semaines plus tôt (le 28 janvier) à Douala, avant d’être conduit nuitamment vers Yaoundé. Depuis, il était placé en garde à vue dans les locaux du Groupement Spécial d’Opérations (GSO), une unité d’élite de la police camerounaise.

Au moins 200 autres cadres et militants du MRC ont été entendus au Parquet du Tribunal Militaire de Yaoundé mardi soir. Tous avaient été arrêtés en marge de manifestations dans plusieurs villes du pays, dont Yaoundé et Douala, le 26 janvier dernier. D’abord interdites par les autorités, les manifestations avaient été sévèrement réprimées par les forces de l’ordre, faisant plusieurs blessés.

Au Tribunal, cent cinquante (150) autres personnes ont été inculpées mercredi pour « hostilité contre la patrie » et « insurrection ». Une vingtaine d’autres ont pu bénéficier d’une liberté provisoire sous caution.

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