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Cameroun : Paul Biya instruit l’arrêt des poursuites contre 289 détenus dans le cadre de la crise anglophone

Le Chef de l’Etat, Paul Biya, a décidé de l’arrêt des poursuites judiciaires contre 289 personnes jugées dans le cadre de la crise sécuritaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, indique un communiqué de la Présidence de la République, ce 13 décembre 2018.
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12/13/2018 - 20:54
Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

La mesure d’élargissement présidentiel de membres des forces séparatistes a été rendu publique ce jeudi, 13 décembre 2018. Le président Paul Biya « a décidé (...) de l'arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre un certain nombre de personnes arrêtées pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest », indique un communiqué signé du Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh.

L’arrêt des poursuites concerne 289 personnes, apprend-on. Cependant, le flou demeure, quant à l’identité des personnes concernées par la mesure de clémence.

En tout état de cause, « cette décision du chef de l’Etat procède de sa volonté de permettre à ceux de nos jeunes compatriotes de ces deux régions, désireux de renoncer à la violence et de revenir dans le droit chemin de pouvoir nouveau participer à la grande œuvre de construction nationale », ajoute le communiqué de la Présidence.

Une décision qui s’inscrit dans la démarche d’apaisement initiée par le Chef de l’Etat depuis son discours d’investiture, le 06 novembre dernier. Laquelle volonté d’apaisement s’était déjà traduite par la création d’un Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration des ex-combattants de Boko Haram et des groupes armés des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Lire : Cameroun – sécurité : Paul Biya fixe le cadre du retour à la paix

La mesure prise par le Chef de l’Etat dans le cadre de cette crise n’est pas inédite. Le 30 aout 2017, Paul Biya ordonnait l’arrêt des poursuites contre des leaders de ka contestation dans ces régions du pays. La mesure concernait alors les sieurs Nkongo Félix AgborFontem Aforteka’a Neba, et Paul Aya Abine, entre autres, considérés comme les principaux leaders de la contestation dite « anglophone ».

Cependant, d’autres leaders, dont Sisuku Ayuk Tabe, Président auto-proclamé de la République virtuelle d’Ambazonie, ont été appréhendés et présentés à la justice. Le procès d’une dizaine d’entre eux s’est d’ailleurs ouvert au Tribunal Militaire de Yaoundé la semaine dernière, avant d’être renvoyé au 10 janvier ? Seront-ils concernés par la présente décision ? Aucune information n’a filtré à ce sujet.

En tout état de cause, c’est un autre geste d’apaisement du Chef de l’Etat qui ouvre peut-etre la voie à un dialogue inclusif et le retour progressif à la paix dans des régions où au moins 700 personnes, civils et militaires, ont trouvé la mort depuis le début du conflit armé en octobre 2017. Tandis que plus de 300.00 personnes ont dû fuir leurs habitations et 60.000 autres se sont réfugiés au Nigéria voisin.

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